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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 19:36
Le qât - القات

Question :

 

La culture du qât s'est largement répandue au Yémen, et on demande l'avis religieux sur sa culture ou sa commercialisation.

 

Réponse :

 

Le qât est interdit.

 

Il n'est permis au musulman ni de le consommer, ni de le commercialiser, ni d'en faire aucun usage habituellement fait avec l'argent licite.

 

Son Eminence, le Cheikh Mohammad ibn 'Ibrâhîm رحمه الله avait publié une fatwa concernant son interdiction, dont voici le texte:

 

Communiqué de Cheikh Mohammad ibn 'Ibrâhîm رحمه الله, sur l'interdiction du qât :


Louange à Allâh. 

Auprès d'Allâh nous sollicitons l'aide et le Pardon. 

A Allâh nous nous repentons. 

Nous implorons Allâh de nous préserver contre les maux de nous même et contre nos mauvais actes. 

Ne s'égarera point celui qu'Allâh aura guidé, et ne sera point guidé celui qu'Allâh aura égaré. J'atteste qu'il n'est d'autre dieu qu'Allah, sans autre associé, et j'atteste que Mohammed est Son serviteur et son messager صلى الله عليه وسلم et prière et salut sur sa famille et ses compagnons.

Après ce préambule, on nous a adressé une question sur la consommation du qât et son interdiction:

 

Il s'agit d'un arbre cultivé au Yémen, et qui est consommé de la manière connue là bas.

 

Il contient des bienfaits aussi bien que des nuisances, ce qui entraîne des divergences entre les gens à son égard.

 

Vu que c'est une question d'actualité, et l'avis y afférent dépendrait des conclusions tirées sur les propriétés de cet arbre, concernant ses bienfaits et ses méfaits, et lequel des deux domine l'autre.

 

Et vu que cet arbre n'existe pas chez nous, nous avons rassemblé toutes les informations possibles, à partir des études et recherches des spécialistes.

 

Après avoir analysé toute la documentation disponible, il s'est avéré que les méfaits de cet arbre sont tels qu'il faut interdire sa culture, sa commercialisation ou son utilisation.

 

Ces méfaits affectent aussi bien les esprits que les corps, comme ils entraînent un gaspillage de l'argent, un égarement des esprits, comme ils détournent les gens de l'invocation d'Allâh, et de la prière.

 

Il représente un moyen vers le mal.

 

Les moyens subissent les mêmes jugements que les conséquences auxquelles ils aboutissent. Or, il a été formellement établi que cette plante alanguit, voire enivre.

 

Aucun avis contraire ne sera considéré, et celui qui avance le contraire doit en apporter la preuve.

 

Cette plante est à interdire par analogie avec le haschisch, puisqu'ils représentent de nombreux points communs.

 

Il n'y a pas de différences entre ces deux plantes, chez les chercheurs.


La preuve sur cet avis existe dans le Livre d'Allâh, dans la tradition de son Prophète صلى الله عليه وسلم, ainsi que l'avis des savants, exposé comme suit :
 

Allâh تعالى a dit (traduction rapprochée) :  

 

"Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu'un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans." (Sourate les abeilles verset 89)

 

et dans le hadith :  

 

"Le Messager d'Allâh a rendu l'âme et n'a pas manqué de nous informer de tout, même de l'oiseau qui vole de ses ailes dans le ciel."

 

Ainsi, les preuves dans le Livre et la tradition sont suffisants pour démontrer ce dont les gens ont besoin concernant leur religion et leur vie ici bas.


Et du fait de Sa Sagesse et Sa Miséricorde, Allâh a rendu licite pour nous les bonnes nourritures et tout ce qui représente des bienfaits absolus ou dominants, et il a rendu pour nous illicites toutes les souillures et tout ce qui représente des méfaits absolus ou dominants.

 

Allâh تعالى a dit (traduction rapprochée) :  

 

"Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis: "Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité"". (Sourate la vache verset 219)

 

Allâh تعالى a ainsi rendu illicites le vin et les jeux de hasard, en dépit des bienfaits qu'ils contiennent.

 

Allâh تعالى a dit (traduction rapprochée) :  

 

"Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.

Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimitié et la haine, et vous détourner d’invoquer Allâh et de la Salât. Allez-vous donc y mettre fin?" (Sourate la table servie verset 90-91)

 

Par ailleurs, dans le hadith rapporté par l'imam 'Ahmad dans son Mousnad, et 'Abou Dâwoud dans ses Sounan avec une chaîne de transmission authentique, 'Omm Salama رضي الله عنها dit:  

 

"Le Prophète صلى الله عليه وسلم a interdit tout ce qui rend ivre et tout ce qui alanguit."

 

Les savants ont dit: est défini comme alanguissant tout ce qui provoque l'alanguissement dans le corps et l'enivrement dans les membres.

 

Et en ce qui concerne le qat, si l'on suppose qu'il contient quelques bienfaits, les méfaits certains et prouvés sont largement supérieurs à ses bienfaits.


C'est pour cela que de nombreux savants, ayant connu ses caractéristiques, ont statué sur son illicéité.

 

Chacun s'est fondé sur le méfait constaté.

 

Parmi ces savants, le cheikh Ahmad Ibn Hadjar Al-Haytamî en faisant l'analogie avec le haschisch et la noix de muscade, et il a compté son utilisation parmi les péchés capitaux.

 

Par ailleurs, il l'a mentionné dans son ouvrage (Az-Aawâdjir `an 'iqtirâf al-kabâ'ir), dans le chapitre sur les aliments, sous le péché majeur no. 170.

 

En plus, il lui a également dédié une note indépendante intitulée : (Tahdhîr athiqât min isti`mâl al-kafta wa al-qât).

 

Ce cheikh a affirmé qu'il a reçu à La Mecque honorée trois courriers provenant de savants de San`â' et Zoubayd : dont deux déclaraient l'illicéité du qât et une le déclarait licite.

 

Dans cette note, il dit : parmi les gens qui l'ont déclaré illicite: l'érudit Abou Bakr Ibn 'Ibrâhîm Al-Moqrî Al-Harrâzî Ach-Chafi`î dans son ouvrage sur (Tahrîm Al-Qât), il a dit : j'en consommais quand j'étais jeune, ensuite je l'ai considérée comme une chose équivoque, et le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit:  

 

"Celui qui se garde de l'équivoque purifie sa foi et son honneur."

 

Puis j'ai considéré que sa consommation impliquait des méfaits sur ma santé et ma religion, alors, j'y ai renoncé.

 

Les savants رحمهم الله ont considéré que le qât fait partie des interdits les plus renommés.

 

Parmi ses méfaits: celui qui en consomme s'assoupit dans un premier temps et devient gai, puis deux heures plus tard environ, il ressent un grand chagrin, une grande tristesse et adopte un mauvais comportement.

 

Lorsque je me trouvais dans cette situation, quand quelqu'un me lisait quelque chose, il m'était difficile de la répéter après lui, et j'éprouvais une grande difficulté et un grand ennui à le faire.

 

De même, le qât annihile l'appétit pour les aliments et leur goût, comme il entraîne des insomnies.

 

Parmi ses méfaits également, il fait écouler un liquide, après l'urine, semblable au liquide pré-éjaculatoire, qui dure assez longtemps.

 

Il était si gênant que souvent, j'allais refaire les ablutions, voire la prière.

 

Lorsque j'en ai parlé à d'autres personnes qui consommaient le qat, ils m'ont confirmé ce phénomène.

 

C'est donc une calamité pour la religion, et un malheur pour les musulmans.

 

D'autre part `Abd-Allâh Ibn Youssouf Al-Moqrî m'a rapporté d'après l'érudit Youssouf Ibn Younous Al-Moqrî qu'il disait : le qât est apparu à l'époque de savants qui n'osaient ni interdire ni autoriser.

 

Et s'il était apparu au temps de savants prédécesseurs, ils l'auraient interdit.

 

Un irakien est arrivé au Yémen et il se prénommait : le faqih Abraham ; Celui-ci déclarait ouvertement l'illicéité du qât et désapprouvait ceux qui le consommaient.

 

Il a dit qu'il l'avait déclaré prohibé après ce qui lui fut rapporté sur l'état des consommateurs.

 

Il l'a même testé plusieurs fois puis a déclaré son interdiction, au regard de ses méfaits et l'enivrement qu'il provoque.

 

Il disait : après sa consommation, ce qui est secrété après l'urine est du sperme.

 

Puis je l'ai rencontré et lui ai dit : Nous avons appris que vous déclarez l'illicéité du qat.

 

Il m'a répondu : Oui.

 

Puis je lui ai dit : Quelle est la preuve?

 

Il répondit : Ses méfaits et l'ivresse qu'il provoque.

 

Ses méfaits sont évidents, par contre, peut-on le qualifier d'enivrant parce qu'il est euphorisant?

 

J'ai répondu oui.

 

Il a dit : Les Châfi`tes et autres ont répondu aux Hanéfites qui jugent licite le vin qui ne cause pas l'ivresse : Le vin est illicite par analogie à l'alcool, vu leur caractéristique commune d'euphorisation.

 

Alors, j'ai dit : ils rapportent que vous dites : Il entraîne l'écoulement de sperme, alors que le liquide secrété n'a pas les caractéristiques du sperme.

 

Il dit: il s'écoule sans être maîtrisé.

 

J'en ai vu plus d'un qui est devenu fou à force de le consommer.

 

Ces propos sont extraits de la thèse d'Al-Harrâzî sur la question.


Concernant cet homme irakien qu'il a mentionné et dont il a rapporté le jugement portant sur l'illicéité du qat, j'ai appris de certains étudiants qu'il est venu à Mecque, et y a longuement étudié.

 

Par ailleurs, il a étudié plusieurs de ses écrits et a amplement fait ses éloges.

 

Et parmi ce qui corrobore ces paroles interdisant le qât, celle de l'érudit Hamza An-Nâchirî, qui représente une référence dans le domaine des fatwas, comme le démontre sa biographie dans (Târikh Ach-Chams As-Sakhâwî) dans son célèbre poème.

 

Le conteur de La Mecque qu'Allâh l'honore, m'a affirmé qu'il a récité devant son auteur et lui en a certifié la récitation:


Ne consommez point le qât, frais ou sec
Il entraine la maladie grave
Et de grands érudits ont dit que
cette nourriture est interdite, puisqu'elle est néfaste.

 

Dans le même contexte, le Prophète صلى الله عليه وسلم :

 

"Il interdit tout ce qui rend ivre et tout ce qui alanguit."

 

Enfin, il a dit : Ce qui alanguit, c'est ce qui entraîne une élévation de la température du corps et un affaiblissement.

 

Or, ceci fut observé et connu auprès des consommateurs du qât, à l'instar des autres substances enivrantes.

 

Même si celles-ci entraînent une illusion de dynamisme et de vivacité, ce n'est que l'effet de l'euphorie et de l'ivresse résultant du produit.

 

On observe le même phénomène chez les personnes abusant de la consommation des substances enivrantes, y compris le vin. Il arrive une sorte d'étourdissement qui peut s'accompagner de tremblement, d'hémiplégie et de sécheresse au niveau du cerveau, et une altération définitive de la raison, en plus d'autres méfaits.

 

Mais le qât ne comporte, de par sa nature, que des méfaits pour la religion et pour la vie ici bas, car ses propriétés sont la sécheresse et le froid, qu'il ne contient aucune propriété de chaleur et de douceur, avec lesquelles les méfaits ne paraissent qu'après une consommation bien prolongée.

 

D'ailleurs, ses effets néfastes sont, la plupart du temps, semblables à ceux de l'opium, qui engendrent un changement de la physionomie, de la nature de la personne et de son comportement.

 

Voire, il est plus dangereux que l'opium, car on n'en connaît aucun bienfait, et les méfaits sont plus graves que ceux de l'opium, et ils entraînent un desséchement du cerveau, un changement de comportement, une perte de l'appétit, un dysfonctionnement sexuel, un desséchement des intestins et de l'estomac, en plus de leur refroidissement, etc..


Parmi les effets du qât également, est qu'il renferme toutes les propriétés négatives du haschisch, en plus de ses effets néfastes sur la santé, en provoquant la perte de l'appétit à la nourriture, de l'appétit sexuel et un gaspillage d'argent.


Parmi les arguments sur lesquels on se fonde : si l'on considère qu'il apporte un avantage quelconque, il ne saurait dépasser ses méfaits.
 

En plus, il a des propriétés communes avec l'ensemble des substances enivrantes, dont, faire apparaître les vaisseaux sanguins sous la peau, avec un desséchement du cerveau.

 

D'ailleurs il ne contient pas, contrairement au haschich et au vin, cette chaleur et cette douceur qui compenseraient la chaleur et la douceur qu'il retire du corps, et de ce fait, il est plus nuisible que ces deux substances.
 

Il a également dit : un des savants hanafites a dit : J'ai rendu visite à un disciple du soufisme du Yémen à la Mosquée Bénite qui m'a donné un peu de qât, et m'a dit: mange de cela, sa consommation est bénite.

 

J'en ai alors mangé et j'ai trouvé que ça produisait l'effet de drogue.

 

Alors, je lui ai rapporté les avis qui interdisent sa consommation, alors, il m'a dit: j'ai une certaine connaissance de la médecine et mon corps est parfaitement équilibré, de même que mon caractère.

 

Ce que je saisis par ceci, personne d'autre ne saura saisir.

 

Or, je suis bien conscient que ce qât a l'effet de la drogue et étourdit; je n'en prendrai plus jamais.

 

Une personne honorable a dit : Il entraîne une perte de la conscience, et si on en consomme, on demeure longtemps sans pouvoir distinguer le ciel de la terre, ni la longueur de la largeur.

 

Tels sont les propos d'Ibn Hadjar dans (Tahdhîr Athiqât `an isti`mâl Al-kafta wal-qât).

 

Il l'a également mentionné dans son discours sur le haschisch et la noix de muscade : Ceci justifie l'évocation de leurs propriétés afin de les comparer à l'arbre du qât.

 

Puis, il a dit qu'on lui avait demandé une fatwa sur la noix de muscade, à laquelle il répondit par l'interdiction, car elle est euphorisante comme le haschich.

 

Puis il a dit : Les quatre imâms l'ont déclarée illicite : les chafiites, les malékites et les hanbalites, en se fondant sur le texte, et les hanafites sur la jurisprudence,.. jusqu'à cette parole: enivrement signifie en général, ce qui obscurcit la raison, et plus particulièrement ce qui enveloppe la raison tout en entraînant un état d'euphorie et d'excitation.

 

Ainsi, l'enivrement couvre un champ beaucoup plus large que les euphorisants: en effet, toute substance stupéfiante est enivrante mais toute substance enivrante n'est pas stupéfiante.

 

Lorsqu'on qualifie le haschisch et la noix de muscade de stupéfiants, on fait allusion à leur propriété euphorisante, et celui qui dénie cette propriété veut se limiter à leur signification restreinte.

 

En résumé, l'enivrement causé par le vin provoque l'excitation, l'euphorie, l'ivresse, la colère et l'emportement, tandis que l'enivrement causé par le haschisch ou la noix de muscade entraîne un engourdissement du corps, un long silence, le sommeil et l'absence d'emportement.

 

Il a conclu en disant : Ma réponse concernant la noix de muscade prend fin ici.

 

Cette réponse implique ce qui se rapporte au qât, l'interdiction du qât est ainsi évidente, car l'effet de la noix de muscade est variable selon les individus, certains s'en engourdissent, et d'autres non.

 

Ainsi, si les imams ont tous interdit la noix de muscade, malgré son effet variable selon les individus, ils devraient à fortiori interdire le qât, dont l'effet néfaste est général.

 

Fin de la citation de Ibn Hadjar رحمه الله.

 

Il a fait la liste exhaustive des propriétés du qât et l'a décrit comme une substance enivrante qui nuit à la raison, à la religion et au corps.

 

Comme il a déclaré l'interdiction et la prévention, voire la prohibition de l'usage de cette substance.

 

Dans un autre endroit, il a insisté sur le statut de prohibition.

 

En d'autres endroits, il a hésité à statuer la prohibition d'une manière absolue, ce qui signifie soit qu'il manquait de texte religieux pour fonder son jugement, soit qu'il allait l'établir ultérieurement.


Le cheikh Mohammad ibn Sâlim Al-Bayhânî a dit, dans son ouvrage (Isslâh Al-Moujtama`) en commentant le hadîth d' Ibn `Omar selon lequel le Prophète d'Allâh صلى الله عليه وسلم avait dit:  

 

"Tout ce qui enivre est du vin et tout ce qui enivre est illicite. Celui qui consomme le vin dans ce bas monde, et meurt étant alcoolique, ne goûtera pas au vin de l’au-delà (qui n’est point enivrant.)"

Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.

 

Puis, il a dit, après avoir évoqué ce hadîth : Ici, je saisis l'opportunité d'évoquer le qât et le tabac, dont de nombreuses personnes chez nous sont dépendantes, et ceci fait partie des fléaux sociaux destructeurs, et même s'il ne s'agissait pas de substances enivrantes, leur nocivité les rend proches du vin et des jeux de hasard, par le gaspillage de l'argent et du temps qu'ils entraînent, par leurs effets nocifs sur la santé, par le détournement de la prière et d'autres actes nuisibles qu'ils induisent.

 

Jusqu'à cette parole : Il est connu que le qât entraîne des effets néfastes sur la santé, détruit les dents, provoque les hémorroïdes, détruit l'estomac, réduit l'appétit, entraîne des écoulements, voire peut affaiblir la fécondité et entraîner la stérilité.

 

Il peut également causer la constipation chronique et les maladies rénales.

 

D'ailleurs, à leur naissance, les enfants de celui qui s'adonne au qât sont, le plus souvent, physiquement faibles, minces, anémiques, atteintes de plusieurs maladies chroniques.

 

Ceci implique d'importantes dépenses pour les soins médicaux.

 

Celles-ci auraient plutôt dû être versées pour la nutrition saine, l'éducation des enfants, ou dans des actes de bienfaisance pour l'amour d'Allâh.

 

Notre poète a bien raison lorsqu'il dit:

 

J'ai décidé de ne plus consommer le qât
pour préserver mon physique et mon temps
et j'ai milité contre ce mal
un long moment où j'élevais la voix
mais, une fois le mal est découvert,
et sa vérité dévoilée, je l'ai abandonné
sa nature est faite de froideur mêlée de sécheresse
ô frère de la mort, quelle part de notre dignité tu nous as dérobée
la valeur de celui qui achète le qât dans son marché
est égale à la valeur qu'il verse pour acheter le qât

 

Ils se réunissent pour le manger de la mi-journée au coucher du soleil, voire au milieu de la nuit.

 

Ils mangent les arbres, passent leur temps à calomnier et à évoquer les sujets qui ne les concernent pas.

 

Certains disent qu'ils l'utilisent pour avoir la force de faire les prières nocturnes, comme ils prétendent que c'est l'aliment des personnes pieuses.

 

Ils disent aussi: cet aliment a été apporté par Al-Khidr du mont Qâf au roi Dhoul Qarnayn.

 

Ils en narrent de nombreux contes et récits, et certains vont jusqu'à élever leur voix en disant:

 

Mes moments sont bénis lorsque je mange le qat

...

Mange-le pour toute fin dans cette vie ici bas et dans l'au delà

pour éloigner le mal et attirer la joie

 

Parmi les hommes âgés ayant perdu leurs dents, à cause du qât, ceux qui le battent avec le marteau, puis le mâchent et sucent son eau.

 

Parfois, ils le sèchent et l'emmènent avec eux en voyage.

 

Il leur arrive de subir l'ironie de celui qui ne sait pas ce qu'est le qât.

 

Ainsi, un égyptien a composé le poème suivant, où il dénigre les yéménites:

 

Ô esclaves du qât ne vous estimez pas supérieurs à celui

qui considère le qât comme une médecine qui ne soigne point

 

Quant au tabac, ses méfaits sont encore plus graves. 

 

Il n'est pas loin de faire partie des souillures qu'Allâh a interdites, et s'il ne contenait que les méfaits attestés par les médecins, ce serait un argument suffisant pour l'interdire et pour s'en éloigner. 

 

Certaines communautés musulmanes lui ont attribué la même règle que l'alcool, ont lutté contre lui par tous les moyens, et ont déclaré comme débauché celui qui s'y adonne. 

 

D'autres en ont fortement abusé. 

 

Cet arbre néfaste a pénétré dans les pays musulmans en 1012 H, environ, puis s'est propagé partout.

 

Jusqu'à cette parole : Ce qui est encore plus nocif, c'est lorsque la personne mâche le tabac, ou le mélange avec d'autres matières, puis le met entre ses lèvres et ses dents (connu par Ach-chamma), elle fait des crachats dégoutants qui salissent le milieu. 

 

D'autres encore inhalent le tabac, après l'avoir moulu: c'est le "bordoqân" qu'ils inhalent, détruisant ainsi leur cerveau, la vue et l'ouïe, alors que ces personnes ne cessent d'éternuer, de se moucher dans leur main, dans leur mouchoir ou sur le sol, devant les autres.

 

Un ami m'avait dit: un de ses proches s'adonnait au bourdhouqân, et quand il mourut, des souillures ont continué à couler de son nez pendant trois heures. 

 

Ainsi, si les gens se limitaient aux vivres essentiels, ils feraient des économies substantielles et se préserveraient de ces malheurs.

 

Je ne compare pas le qât et le tabac, au vin, du point de vue de l'interdiction et du châtiment encouru dans l'au delà, mais je dis qu'il s'en approche. 

 

En plus, tout ce qui s'avère nuisible pour la santé, le corps, la raison ou les biens, devient illicite.

 

La bienfaisance, c'est tout ce qui inspire la confiance, et la sécurité. 

 

Le péché, c'est tout ce qui a un effet nuisible sur l'esprit, et se répercute dans la pensée, même si l'on vous donnait des fatwas stipulant le contraire. 

 

Allâh تعالى dit (traduction rapprochée) :  

 

"Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimitié et la haine, et vous détourner d’invoquer Allâh et de la Salât. Allez-vous donc y mettre fin?" (Sourate la table servie verset 90-91)

 

Fin de la citation de Cheikh Mohammad ibn Sâlim Al-Bayhânî sur ce sujet.

 

Il a cité les propriétés du qât et l'a qualifié de nuisible et lui a attribué la nocivité, l'interdiction et l'illicéité, mais sa parole : Je n'assimile point le qât et le tabac au vin, etc., il semble qu'il voulait dire que la prohibition concernant le qât et le tabac n'est pas aussi grave que celle frappant le vin. 

 

Ce dernier implique le had (punition légale prévue en cas de péché capital) dans cette vie ici bas et la punition dans l'au delà. 

 

D'ailleurs, ils demeurent d'autant similaires en ce qui concerne le principe de l'interdiction.

 

Cheikh-Al-Islam Ibn Taymiyya رحمه الله a dit, dans (Al-Ikhtiyârât) chapitre : Si vous avez des doutes quant à la propriété enivrante d'un aliment ou d'une boisson, ils ne deviennent pas illicites par le simple fait du doute, et le consommateur ne subit pas la peine légale (had). 

 

D'ailleurs, il ne faut pas le rendre licite aux gens, vu la possibilité qu'il soit enivrant. 

 

En effet, faire passer l'illicite pour licite, c'est comme faire passer le licite pour illicite: on tranche sur la question en faisant appel à l'attestation d'une personne dont la parole compte : Comme quelqu'un qui l'a déjà goûté, puis s'en est repenti, ou quelqu'un qui l'a goûté, en ignorant que c'est illicite, ou qui le croyait licite pour le soin médical, etc., ou qui adoptait le koufisme, qui approuvait la consommation d'une faible quantité de vin. 

 

Si un groupe de ceux qui en ont consommé attestent sa prohibition, il faudrait donc adopter ce jugement, quand un nombre important d'entre eux, qui ne peuvent s'accorder sur un mensonge, ont transmis l'information. 

 

Cette règle est assimilable à celle des faits établis par la transmission et les faits répandus parmi les gens. 

 

En effet, parmi les faits répandus parmi les dépravés et les mécréants: la mort, la lignée, le mariage et le divorce. 

 

On se trouve alors devant deux cas de figure: soit on établit ce jugement, car la transmission n'exige pas un témoin musulman, ni n'exige l'intégrité; soit on établit l'attestation sur ce fait, en se fondant sur la réalité répandue parmi les gens, qui aura cependant l'effet de la transmission. 

 

Soit, encore, l'on interroge certaines personnes intègres l'ayant consommé, dans deux cas :

 

Le premier : Le témoin n'était pas au courant de l'interdiction avant de connaître les motifs ; Il lui est alors licite d'en consommer. 

 

D'ailleurs, la répréhension de procéder aux actes sujets à équivoque s'oppose à l'intérêt d'en déterminer les effets. 

 

Le deuxième cas, c'est que les aliments illicites sont parfois rendus licites en cas de nécessité; d'ailleurs, il est nécessaire de déterminer les cas de nécessité y afférent. 

 

Fin de la citation de Cheikh Taqî-Ad-Dîn رحمه الله.

 

De ce que Cheikh Al-Islam رحمه الله a déclaré ici, il nous apparaît la justesse de la voie que nous avons adoptée dans notre interdiction du qât, et sa conformité aux principes de la jurisprudence islamique et des règles suivies et légalement approuvées. 

 

De ce qui précède, on constate l'authenticité du jugement qui interdit définitivement tout acte lié au qât: sa culture, son importation, sa consommation, etc..

 

Et ceci apparaît évident à toute personne ayant un certain savoir des principes et des règles de la jurisprudence islamique. 

 

En outre, éloigner les méfaits est à privilégier par rapport à attirer les bienfaits. 

 

Allâh (Exalté Soit-Il) dit la vérité et Guide vers la juste voie.


Dicté par celui qui aspire au Pardon de son Seigneur : Mohammad ibn ‘Ibrâhîm ibn `Abd-Al-Lattîf 'Al Ach-Chaykh, Prière et salut d'Allâh sur notre Prophète Mohammad ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Rédigé le 11/04/1376 H.

Qu'Allâh vous accorde la réussite et que les prières et le salut soient sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

 

(Numéro de la partie: 22, Numéro de la page: 159 à 175)

La Fatwa numéro (2159)

✅ Publié par alifta.net

القات
س: مضمونه: إن زراعة القات انتشر بشكل واسع في اليمن، ويطلبان بيان حكم زراعته وبيعه وشرائه
ج: القات محرم لا يجوز لمسلم أن يتعاطاه أكلاً وبيعًا وشراء وغيرها من أنواع التصرفات المشروعة في الأموال المباحة، وقد صدر من سماحة الشيخ محمد بن إبراهيم - رحمه الله - فتوى في تحريمه، هذا نصها
رسالة الشيخ محمد بن إبراهيم - رحمه الله - في تحريم القات
إن الحمد لله، نحمده ونستعينه ونستغفره ونتوب إليه، ونعوذ بالله من شرور أنفسنا وسيئات أعمالنا. من يهده الله فلا مضل له، ومن يضلل فلا هادي له، وأشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له، وأشهد أن محمدًا عبده ورسوله، صلى الله عليه وعلى آله وصحبه وسلم تسليمًا كثيرًا
أما بعد: فقد ورد علينا سؤال عن حِل أكل القات وتحريمه، وهو الشجر الذي يزرع في أرض اليمن، ويؤكل على الصفة المعروفة عندهم، وما فيه من المنافع والمضار؛ نظرًا لما يرى السائل من اضطراب أقوال الناس فيه. وحيث إن هذه المسألة حادثة الوقوع، والحكم عليها يتوقف على معرفة خواص هذه الشجرة وما فيها من المنافع والمضار، وأيهما يغلب عليه فيحكم عليها بموجبه، وحيث إننا لا نعرف حقيقتها لعدم وجودها لدينا؛ فقد تتبعنا ما أمكننا العثور عليه من كلام العلماء فيها، فظهر لنا بعد مزيد من البحث والتحري وسؤال من يعتد بقولهم من الثقات أن المتعين فيها المنع من تعاطي زراعتها وتوريدها واستعمالها؛ لما اشتملت عليه من المفاسد والمضار في العقول والأديان والأبدان، ولما فيها من إضاعة المال، وافتتان الناس بها، ولما اشتملت عليه من الصد عن ذكر الله وعن الصلاة، فهي شر، ووسيلة لعدة شرور، والوسائل لها أحكام الغايات. وقد ثبت ضررها وتفتيرها وتخديرها، بل وإسكارها، ولا التفات لقول من نفى ذلك، فإن المثبت مقدم على النافي، وقياسًا لها على الحشيشة المحرمة؛ لاجتماعهما في كثير من الصفات، وليس بينهما تفريق عند أهل التحقيق
والدليل على ما قلناه من كتاب الله، وسنة رسوله - صلى الله عليه وسلم -، وكلام العلماء ما يأتي
قال الله تعالى

 وَنَـزَّلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ تِبْيَانًا لِكُلِّ شَيْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً وَبُشْرَى لِلْمُسْلِمِينَ

  وفي الحديث

 لقد توفي رسول الله - صلى الله عليه وسلم - وما من طائر يقلب جناحيه في السماء إلا ذكر لنا فيه علمًا

 فنصوص الكتاب والسنة كفيلة بتبيان ما يحتاجه الناس في أمور دينهم ودنياهم ومن حكمة الله ورحمته أنه أحل لنا الطيبات وكل ما منفعته خالصة أو راجحة، وحرم علينا الخبائث وكل ما كانت مفسدته خالصة أو راجحة، قال الله تعالى

 يَسْأَلُونَكَ عَنِ الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ قُلْ فِيهِمَا إِثْمٌ كَبِيرٌ وَمَنَافِعُ لِلنَّاسِ وَإِثْمُهُمَا أَكْبَرُ مِنْ نَفْعِهِمَا

 فحرم تعالى الخمر والميسر مع ما فيهما من المنافع، وقال تعالى

 يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ (90) إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاَةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ

وفي الحديث الذي رواه الإمام أحمد في (مسنده)، وأبو داود في (سننه) بسند صحيح، عن أم سلمة - رضي الله عنها - قالت

 نهى رسول الله - صلى الله عليه وسلم - عن كل مسكر ومفتر

 قال العلماء: (المفتر) كل ما يدرك الفتور في البدن، والخدر في الأطراف. وهذا القات لو فرضنا أن فيه بعض النفع، فإن ما فيه من المضار والمفاسد المتحققة تربو وتزيد على ما فيه من النفع أضعافًا مضاعفة
ولهذا جزم بتحريمه جملة من العلماء الذين عرفوا خواصه، واستدل كل منهم على تحريمه بما ظهر له. فمن جملة من نهى عنه وحذر عنه وأفتى بمنعه الشيخ أحمد بن حجر الهيتمي، وقاسه على الحشيشة وجوزة الطيب، وعد استعمال ذلك من كبائر الذنوب كما ذكره في الكبيرة السبعين بعد المائة في كتابه (الزواجر عن اقتراف الكبائر) في كتاب الأطعمة. ثم إنه صنف فيه رسالة مستقلة سماها: (تحذير الثقات من استعمال الكفتة والقات) وقال: إنه ورد عليه بمكة المشرفة ثلاث رسائل من علماء صنعاء وزبيد : اثنتان بتحريمه، وواحدة بتحليله
ومن جملة ما ذكر في تلك الرسالة قوله: وممن قال بتحريمه: الفقيه أبو بكر بن إبراهيم المقري الحرازي الشافعي في مؤلفه في (تحريم القات) قال: كنت آكلها في سن الشباب، ثم اعتقدتها من المتشابهات، وقد قال رسول الله - صلى الله عليه وسلم

 من اتقى الشبهات فقد استبرأ لدينه وعرضه

 ثم إني رأيت من أكْلِها الضرر في بدني وديني فتركت أكلها، فقد ذكر العلماء - رحمهم الله - أن القات من أشهر المحرمات، فمن ضررها: أن آكلها يرتاح ويطرب، وتطيب نفسه، ويذهب حزنه، ثم يعتريه قدر ساعتين من أكله هموم متراكمة، وغموم متزاحمة، وسوء أخلاق، وكنت في هذه الحالة إذا قرأ علي أحد يشق علي مراجعته، وأرى مراجعته جبلاً، وأرى لذلك مشقة عظيمة ومللاً، وأنه يذهب بشهوة الطعام ولذته، ويطرد النوم ونعمته، ومن ضرره في البدن أنه يخرج من آكله شيء بعد البول كالودي ولا ينقطع إلا بعد حين، وطالما كنت أتوضأ فأحس بشيء منه فأعيد الوضوء، وتارة أحس به في الصلاة فأقطعها أو عقب الصلاة بحيث أتحقق خروجه فيها فأعيدها، وسألت كثيرًا ممن يأكلها فذكروا ذلك عنها، وهذه مصيبة في الدين، وبلية على المسلمين. وحدثني عبد الله بن يوسف المقري، عن العلامة يوسف بن يونس المقري، أنه كان يقول: ظهر القات في زمن فقهاء لا يجسرون على تحريم ولا تحليل، ولو ظهر في زمن الفقهاء المتقدمين لحرموه
ودخل عراقي اليمن، كان يسمى: الفقيه إبراهيم، وكان يجهر بتحريم القات وينكر على آكله، وذكر أنه إنما حرمه على ما وصف له من أحوال مستعمليه، ثم إنه أكله مرة ومرارًا لاختباره، قال: فجزم بتحريمه لضرره وإسكاره، وكان يقول: ما يخرج عقب البول بسببه مني، ثم اجتمعت به فقلت له: نسمع عنك أنك تحرم القات. قال: نعم. فقلت له: وما الدليل؟ قال: ضرره وإسكاره؛ فضرره ظاهر، وأما إسكاره فهل هو مطرب؟ فقلت: نعم، فقال: فقد قالت الشافعية وغيرهم في الرد على الحنفية في إباحتهم ما لم يسكر من النبيذ: النبيذ حرام قياسًا على الخمر بجامع الشدة المطربة. فقلت له: يروون عنك أنك تقول: ما يخرج عنه مني وليس فيه شيء من خواص المني، فقال: إنه يخرج قبل استحكامه. وقد رأيت من أكثر من أكله فجن. هذا كله ملخص كلام الحرازي
وهذا الرجل العراقي الذي أشار إليه ونقل عنه حرمة القات أخبرني بعض طلبة العلم أنه جاء إلى مكة المشرفة، ودرس بها كثيرًا، وأنه قرأ عليه وزاد في مدحه والثناء عليه. ووافق هؤلاء القائلين بحرمة القات قول الفقيه العلامة حمزة الناشري، وهو ممن يعتمد عليه نقلاً وإفتاءً، كما يدل عليه ترجمة المذكور في (تاريخ الشمس السخاوي) في منظومته المشهورة، وقد أخبرني محدث مكة - شرفها الله - أنه قرأها على مؤلفها حمزة المذكور، وأجازه بها
لاتـــــأكلن القـــــات رطبًــــا ويابسًــــا    فــــذلك مضــــر داؤه فيــــه أعــــضلا
فقــــد قـــال أعلام مـــن العلمـــاء إن    هــــــذا حــــــرام للتضـــــرر مـــــأكلا

ومنها: أنه - صلى الله عليه وسلم -  نهى عن كل مسكر ومفتر  ، قال في النهاية ما معناه: إن المفتر ما يكون منه حرارة في الجسد وانكسار. وذلك معلوم ومشاهد في القات ومستعمليه كسائر المسكرات، وإن كان يحصل منها توهيم نشاط أو تحققه، فإن ذلك مما فضل من الانتشاء والسكر الحاصل من التخدير للجسد، وكذلك يحصل من الإكثار والإدمان على المسكر، حتى الخمر - خدر يخرج إلى الرعشة والفالج ويبس الدماغ، ودوام التغير للعقل، وغير ذلك من المضار. لكن القات لم يكن فيه من الطبع إلا ما هو مضرة دينية ودنيوية؛ لأن طبعه اليبس والبرد، فلا يصحبه شيء من الحرارة واللين، فلا يظهر الضرر فيها إلا مع الإدمان عليها، وهذا محصل من الضرر في الأغلب ما في (الأفيون) من مسخ الخلقة وتغيير الحال المعتدلة في الخَلْق والخُلُق، وهو يزيد في الضرر على الأفيون من حيث إنه لا نفع فيه يعلم قط، وأن ضرره أكثر، وفيه كثرة يبس الدماغ والخروج عن الطبع، وتقليل شهوة الغذاء والباءة ويبس الأمعاء والمعدة وبردها وغير ذلك
ومنها: أن جميع الخصال المذمومة التي ذكروها في الحشيشة موجودة في القات مع زيادة حصول الضرر فيما به قوام الصحة وصلاح الجسد من إفساد شهوة الغذاء والباءة والنسل، وزيادة التهالك عليه الموجب لإتلاف المال الكثير الموجب للسرف
ومنها: أنه إن ظن أن فيه نفعًا فهو لا يقابل ضرره
ومنها: أنه شارك كل المسكرات في حقيقة الإسكار وسببه من التخدير وإظهار الدم وترقيقه ظاهر البشرة مع نبذ الدسومة من الدماغ والجسد إلى الظاهر، وليس فيه حرارة ولين يبدلان ما نبذه من الحرارة واللين إلى ظاهر الجسد بخلاف الخمر والحشيش؛ فهذا أكثر ضررًا
إلى أن قال: وقال بعض مدرسي الحنفية: زرت بعض متصوفة اليمن بالمسجد الحرام فأعطاني قليلاً من القات، وقال لي: تبرك بأكل هذا فإنه مبارك. فأكلت منه فوجدت فيه تخديرًا، فذكرت له كلام من ينفي ذلك، فقال: إن عندي معرفة بالطب وبدني معتدل المزاج والطبع فالذي أدركه بواسطة ذلك لا يدركه غيري، وقد أدركت منه التخدير ودوران الرأس، ولا أعود لأكله أبدًا
كذلك قال بعض الأشراف: إن فيه غيبة عن الحس، وإنه استعمله فغاب مدة طويلة لا يدري السماء من الأرض، ولا الطول من العرض. هذا كله كلام ابن حجر في تحذير الثقات عن استعمال الكفتة والقات
وقال أيضًا فيه في الكلام على الحشيشة وجوزة الطيب : وهذا يستدعي ذكر أوصافهما لتقاس بهما شجرة القات، ثم ذكر أنه استفتي عن جوزة الطيب فأفتى بتحريمها لإسكارها كالحشيشة. ثم قال: فثبت بما تقرر أنها حرام عند الأئمة الأربعة: الشافعية والمالكية والحنابلة بالنص، والحنفية بالاقتضاء.. إلى أن قال: وذلك أن الإسكار يطلق ويراد به مطلق تغطية العقل، وهذا إطلاق أعم، ويطلق ويراد تغطية العقل مع نشوة وطرب. وهذا إطلاق أخص، وهو المراد من الإسكار حيث أطلق. فعلى الإطلاق الأول بين المسكر والمخدر عموم مطلق، إذ كل مخدر مسكر، وليس كل مسكر مخدر
فإطلاق الإسكار على الحشيشة والجوزة ونحوهما المراد منه التخدير، ومن نفاه عنهما أراد به معناه الأخص. وتحقيقه: أن من شأن السكر بنحو الخمر أنه يتولد عنه النشوة والطرب والعربدة والغضب والحمية.. ومن شأن السكر بنحو الحشيشة والجوزة: أنه يتولد عنه ضد ذلك من تخدير البدن وفتوره ومن طول السكوت والنوم وعدم الحَميَّة.. إلى أن قال: انتهى جوابي في الجوزة، وهو مشتمل على نفائس تتعلق بهذا القات، بل هو ظاهر في حرمة القات؛ لأن الناس مختلفون في تأثير الجوزة؛ فبعض آكليها يثبت لها تخديرًا، وبعضهم لا يثبت لها ذلك. فإذا حرمها الأئمة مع اختلاف آكليها فليحرموا القات ولا نظر للاختلاف في تأثيره. انتهى كلام ابن حجر - رحمه الله
وقد استقصى صفات القات ووصفه بصفات المسكر المضر بالعقل والأديان والأبدان. وصرح في بعض عباراته بالمنع والنهي، والتحذير، بل والتحريم. وجبن في موضع آخر عن إطلاق التحريم. فإما أن يكون ذلك توقفًا منه وتأدبًا لعدم وقوفه على نص في ذلك، أو أنه قوي على القول بالتحريم بعد ذلك
وقال الشيخ محمد بن سالم البيحاني في كتابه (إصلاح المجتمع) في الكلام على حديث ابن عمر : إن رسول الله - صلى الله عليه وسلم - قال

 كل مسكر خمر، وكل مسكر حرام، ومن شرب الخمر في الدنيا فمات وهو يدمنها لم يشربها في الآخرة

 رواه البخاري ومسلم، فقال بعد الكلام على هذا الحديث: وهنا أجد مناسبة وفرصة سانحة للحديث عن القات والتنباك، والابتلاء بهما عندنا كثير، وهما من المصائب والأمراض الاجتماعية الفتاكة، وإن لم يكونا من المسكر فضررهما قريب من ضرر الخمر والميسر؛ لما فيهما من ضياع المال، وذهاب الأوقات، والجناية على الصحة، وبهما يقع التشاغل عن الصلاة وكثير من الواجبات المهمة.. إلى أن قال: ومعلوم من القات أنه يؤثر على الصحة البدنية، ويحطم الأضراس، ويهيج الباسور، ويفسد المعدة، ويضعف شهية الأكل، ويدر السلاس، وهو: الودي، وربما أهلك الصلب، وأضعف المني، وأظهر الهزال، وسبَّب القبض المزمن، ومرض الكلى، وأولاد صاحب القات غالبًا يخرجون ضعاف البنية، صغار الأجسام، قصار القامة، قليل دمهم، مصابين بعدة أمراض خبيثة، وهذا مع ما يبذل أهله فيه من الأثمان الغالية المحتاج إليها، ولو أنهم صرفوها في الأغذية الطيبة وتربية أولادهم أو تصدقوا بها في سبيل الله - لكان خيرًا لهم، وصدق شاعرنا القائل
عـــزمت علــى تــرك التنــاول للقــات    صيانــة عــرضي أن يضيــع وأوقــاتي
وقــد كــنت مــن هــذا المضـر مدافعـا    زمانًـــا طـــويلاً رافعـــا فيــه أصــواتي
فلمــــا تبينــــت المضــــرة وانجــــلت    حقيقتـــــــه بادرتــــــه بالمنــــــاواتي
طبيعتــــــه اليبس الملـــــم بـــــبردة    أخا المـوت كـم أفنيـت منـا الكرامـاتي
وقيمـة شـاري القـات في أهل سوقه    كقيمــة مــا يدفعــه فــي ثمـن القـاتِ

وإنهم ليجتمعون على أكله من منتصف النهار إلى غروب الشمس، وربما استمر الاجتماع إلى منتصف الليل؛ يأكلون الشجر، وَيَفْرُون أعراض الغائبين، ويخوضون في كل باطل، ويتكلمون فيما لا يعنيهم
ويزعم بعضهم أنه يستعين به على قيام الليل، وأنه قوت الصالحين. ويقولون: جاء به الخضر من جبل قاف للملك ذي القرنين، ويروون فيه من الحكايات والأقاصيص شيئًا كثيرًا، وربما رفع بعضهم عقيرته بقوله
...      صفــت وطــابت بــأكل القــات أوقـاتي

كُلْـــهُ لمـــا شــئت مــن دنيًــا وآخــرة    ودفــــع ضـــــر وجــــلب للمســــرات
ومن الشيوخ الذين قضى القات على أضراسهم من يدقه ويطرب لسماع صوت المدق، ثم يلوكه ويمص ماءه، وقد يجففونه ثم يحملونه معهم في أسفارهم، وإذا رآهم من لا يعرف القات سخر بهم وضحك منهم، وإن أحد المصريين ليقول في قصيدة يهجو بها اليمنيين
أســارى القـــات لا تبغــوا علــى مــن    يــرى فــي القــات طبًّــا غـير شـافي
أما (التنباك) وهو التبغ فضرره أكبر، والمصيبة به أعظم، ولا يبعد أن يكون من الخبائث التي نهى الله عنها، ولو لم يكن فيه من الشر إلا ما تشهد به الأطباء لكان كافيًا في تجنبه والابتعاد عنه. وقد أفرط جماعات من المسلمين في حكمه حتى جعلوه مثل الخمر، وحاربوه بكل وسيلة، وقالوا بفسق متعاطيه. كما أن آخرين قد بالغوا في استعماله إلى حد بعيد. وهو شجرة خبيثة دخلت بلاد المسلمين في حوالي عام 1012 هـ وانتشر في سائر البلاد.
إلى أن قال: وأخبث من ذا وذاك من يمضغ التنباك ويجمعه مطحونا مع مواد أخرى ثم يضعه بين شفتيه وأسنانه، ويسمى ذلك ب: (بالشمة)، فيبصق متعاطيها حيث كان، بصاقًا تعافه النفوس ويتقذر به المكان، ولربما لفظها من فمه كسلحة الديك في أنظف مكان، وللناس فيما يعشقون مذاهب. وبعضهم يستنشق التنباك بعد طحنه، وهو (البردقان) يصبه في أنفه صبًّا يفسد به دماغه، ويجني به على سمعه وبصره، ثم لا ينفك عاطسًا، ويتمخط بيده، وفي منديله أو على الأرض، وأمام الجالسين
أخبرني أحد أصدقائي: أن قريبه الذي كان يستعمل البردقان لما مات مكث ثلاث ساعات وأنفه يتصبب خبثًا. ولو اقتصر الناس على ما لا بد منه للحياة لاستراحوا من التكاليف والنفقات الشاقة، ولما عرضوا أنفسهم لشيء من هذه الشرور
وأنا لا أقيس القات والتنباك بالخمر في التحريم وما يترتب عليه من عقاب الآخرة، ولكن أقول: هذا قريب من هذا، وكل مضر بصحة الإنسان؛ بدنه أو عقله أو ماله فهو حرام، والبر: ما اطمأنت إليه النفس، واطمأن إليه القلب، والإثم: ما حاك في النفس، وتردد في الصدر، وإن أفتاك المفتون، والله تعالى يقول

 يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ (90) إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاَةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ

 انتهى كلام الشيخ محمد بن سالم البيحاني في ذلك
وقد ذكر صفات القات وحكم عليها بالضرر والنهي والتحريم، لكن قوله: وأنا لا أقيس القات والتنباك بالخمر.. إلى آخره - الظاهر أن مراده: أن غلظ تحريم القات والتنباك ليس كغلظ تحريم الخمر وما يجب عليه من حد في الدنيا وعقاب في الآخرة، مع اتفاقهما في أصل التحريم
وقال شيخ الإسلام ابن تيمية - رحمه الله - في (الاختيارات)  (فصل) وإذا شككت في المطعوم والمشروب هل يسكر أم لا؟ لم يحرم عليك بمجرد الشك، ولم يُقَم الحد على شاربه، ولا ينبغي إباحته للناس، إذ كان يجوز أن يكون مسكرًا، لأن إباحة الحرام مثل تحريم الحلال، فيكشف عن هذا بشهادة من تقبل شهادته؛ مثل أن يكون طَعِمَه ثم تاب منه، أو طعمه غير معتقد تحريمه، أو معتقدًا حله لتداو ونحوه، أو مذهب الكوفيين في تناول يسير النبيذ . فإن شهد به جماعة ممن تناوله معتقدا تحريمه فينبغي إذا أخبر عدد كثير لا يمكن تواطؤهم على الكذب أن يحكم بذلك، فإن هذا مثل: التواتر والاستفاضة، كما استفاض بين الفساق والكفار: الموت والنسب والنكاح والطلاق، فيكون أحد الأمرين: إما الحكم بذلك؛ لأن التواتر لا يشترط فيه الإسلام والعدالة، وإما الشهادة بذلك بناء على أن الاستفاضة يحصل بها ما يحصل بالتواتر. وإما أن يمتحن بعض العدول بتناوله لوجهين
أحدهما: أنه لا يعلم تحريم ذلك قبل التأويل، فيجوز الإقدام على تناوله، وكراهة الإقدام على الشبهة تعارضها مصلحة بيان الحال. الوجه الثاني: أن المحرمات قد تباح عند الضرورة، والحاجة إلى البيان موضع ضرورة، فيجوز تناولها لأجل ذلك. انتهى كلام الشيخ تقي - الدين رحمه الله
وبما قرره شيخ الإسلام - رحمه الله - هاهنا يتبين صحة الطريقة التي سلكناها فيما تقدم في تحريم (القات)، وتمشيها على الأصول الشرعية والقواعد المعتبرة المرعية، وبما قدمناه يتضح صحة القول بتحريم القات، والنهي عنه ومنعه منعًا باتًّا، زراعة وتوريدًا واستعمالاً وغير ذلك
وهذا ظاهر لكل من تدبر ما ذكرنا وعرف أصول الشريعة وقواعدها، ودرء المفاسد مقدم على جلب المصالح

والله يقول الحق وهو يهدي السبيل
أملاه الفقير إلى عفو ربه: محمد بن إبراهيم بن عبد اللطيف آل الشيخ . وصلى الله على محمد وآله وصحبه وسلم

حرر في 11 / 4 / 1376 هـ
وبالله التوفيق، وصلى الله على نبينا محمد وآله وصحبه وسلم

(الجزء رقم : 22، الصفحة رقم: 175-159)

الفتوى رقم - 2159

Comité permanent [des savants] de l'Ifta - اللجنة الدائمة للبحوث العلمية والإفتاء

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