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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 21:16
Comment comprendre le coran ?

Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

Louange à Allah, nous Le louons, Lui implorons soutien et pardon, et nous Lui demandons protection contre notre propre mal. Préserve-nous du châtiment de nos mauvaises actions. 

J’atteste que seul Allah mérite qu’on L’adore, l’Unique sans associé, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et messager. 

Certes, Allah le Très Haut fit descendre le Coran glorifié sur les gens, pour qu’ils l’apprennent, méditent dessus et le mettent en pratique ;

 

Allah le Très Haut a dit (traduction rapprochée) : 

 

<[Voici] un Livre que Nous avons fait descendre sur toi, chargé de bénédictions, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence réfléchissent !> [38:29]

 

et Allah a rendu facile sa compréhension pour celui qui veut en tirer profit,

 

Allah le Très Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<Nous avons rendu le Coran facile, en vue de Rappel - Seulement est-il un homme pour méditer le rappel ?> [54:17] 

 

En plus, Allah l’a fait descendre en langue arabe pour que les arabes le comprennent, aient foi en Lui (le Coran) et le transmettent, ainsi, au reste de la communauté, le Très Haut a dit (traduction rapprochée) : 

 

<Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez> [12:2] 

 

Et la compréhension du Coran exige parfois la consultation des livres de l’exégèse, surtout lorsqu’il s’agit de versets qui ont besoin d’interprétation et d’éclaircissement. 

 

J’invite, donc, le lecteur vers certaines catégories d’interprétation qui aident à la compréhension du Coran et à son explication ; pour évoquer, ensuite, l’interprétation de certains versets dont le style général demande une interprétation et un éclaircissement tout en cherchant parmi les paroles des exégètes, l’interprétation la plus vraisemblable avec parfois l’évocation de l’argument. 

 

J’implore Allah qu’Il en fasse bénéficier les musulmans et qu’Il le rende sincère ne cherchant que Son visage glorifié.

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L’interprétation du coran par le coran

 

L’interprétation du Coran par le Coran est le plus haut degré d’interprétation car les termes du Coran s’interprètent les uns les autres. 

 

Premier exemple :

 

Le Très Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<par le ciel et par le tariq - et qui te dira ce qu’est le tariq ? C’est l’étoile perçante> [86:1 à 3] 

 

[l’étoile perçante] est l’explication du terme [tariq] 

 

Deuxième exemple : 

 

Allah a dit (traduction rapprochée) :

 

<Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « En l’un comme en l’autre résident un péché (ithm) grave et certaines utilités pour l’homme, mais dans les deux cas, le péché l’emporte sur l’utilité> [2:219] 

 

En fait, dans un autre verset, on trouve l’interdiction du « ithm » qui réside dans le vin (traduction rapprochée) : 

 

<Dis : « Mon Seigneur m’a interdit que les turpitudes, tant apparentes que secrètes, de même que le " ithm" (péché), l’agression sans droit »> [7:33] 

 

Le ithm regroupe toute désobéissance dont résulte un péché, d’autres savants disent que c’est spécialement le vin.

 

Ces vers de poème le confirment : 

 

J’ai bu le « ithm » jusqu'à ce que ma raison s’est égarée. 

Certes, le « ithm » fait perdre la raison. 

Cependant le terme « ithm » ne se limite pas au seul vin, mais il est l’un des termes qui s’y appliquent. 

Il est dit dans certains livres authentiques : qu’on peut nommer le vin par « ithm ».

 

[voir « Fath al Qadir » de Chawkani : tome 2, p.200] 

 

Troisième exemple :

 

Le Très Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<En vérité les bien-aimés d’Allah (awliyya’ Allah) seront à l’abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés > [10:62] et Il a expliqué les bien-aimés (awliyya’) par : < Ceux qui croient et qui craignent [Allah]> [10:63] 

 

Je dis :

 

Dans cette interprétation il y a réponse à ceux qui prétendent que le bien-aimé [d’Allah] « le wali » est celui qui connaît l’inconnaissable « al ghayb » ou celui qui fait des prodiges, ou celui dont la tombe est surmontée d’un dôme ou autres parmi les fausses croyances. 

 

A vrai dire, tout homme qui croit en Allah obéit à Ses ordres et s’éloigne de Ses interdits fait partie des bien-aimés d’Allah - awliyya’ Allah - et le prodige n’est pas une condition (pour être wali), elle apparaît parfois et elle disparaît. 

 

Certaines choses prodigieuses peuvent apparaître par les mains de certains soufis et innovateurs et ceci fait partie de la sorcellerie dont Allah dit (traduction rapprochée) : 

 

<Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent ramper par l’effet de leur sorcellerie> [20:66] 

 

Des choses semblables apparaissent chez les mages en Inde et autres endroits.

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L'interprétation du coran par le hadith authentique

 

L’interprétation du Coran par le hadith authentique est très importante car l’envoyé d’Allah est plus connaisseur que quiconque de ce qu’Allah a voulu dire. Il est comme Allah l’a décrit dans le Coran (traduction rapprochée) : 

 

<Il ne prononce rien sous l’effet de sa passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée> [53:3-4] 

 

et Allah a fait descendre (le Coran) pour que le prophète صلى الله عليه وسلم l’explique aux gens, le Très haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<Et Nous avons fait vers toi descendre le Coran pour que tu explicites aux humains ce qui à plusieurs reprises était vers eux descendu : Nous les engagions ainsi à réfléchir> [16:44] 

 

Le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

 

« J’ai reçu le Coran et son semblable avec ».

[Authentique rapporté par Abou Daoud] 

 

Premier exemple :

 

Allah a dit (traduction rapprochée) :

 

<Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force>

 

L’interprétation de force (quwah) se trouve dans ce qu’a dit le Prophète صلى الله عليه وسلم :

 

«Attention ! La force c’est le tir (il répéta ceci trois fois) ».

[Rapporté par Moslim] 

 

Al Qortobi a dit :

 

"Il a expliqué la force par le tir bien que la force se manifeste par la préparation d’autres armes de guerre, et ceci parce que le tir a beaucoup d’effet sur l’ennemi, et il est plus pratique car il se peut qu’en tirant on atteint le chef de l’armée ce qui peut l’effrayer [l’armée] et la mettre en déroute."

[al Hafiz l’a évoqué dans son livre « Fath al Bari »] 

 

Je dis :

 

Jusqu'à nos jours l’efficacité des armes de guerre modernes dépend du tir, c’est pour cela que l’Islam insiste à l’apprendre surtout dans le milieu des jeunes.

 

Si seulement ils l’auraient appris avec la natation au lieu d’apprendre d’autres sports.

 

L’envoyé d’Allah  صلى الله عليه وسلم a dit :

 

« Celui qui a appris le tir puis l’a abandonné, soit n’est pas des nôtres soit a certainement désobéi ».

[Rapporté par Moslim] 

 

Et le prophète صلى الله عليه وسلم passa auprès de gens qui s’exerçaient à l’arc leur dit : Tirez, fils d’Ismaïl ! Votre père était un grand tireur, tirez et je fais partie des fils de tel, certains parmi l’un des deux groupes s’abstinrent de tirer. 

 

- Pourquoi ne tirez-vous donc pas, demanda l’envoyé d’Allah 

- Comment oserions-nous tirer si vous faisiez partie de l’autre groupe ? répondirent-ils» 

- Tirez, dit le prophète  صلى الله عليه وسلم et je fais partie de vous tous ».

[Rapporté par al Boukhari] 

 

Deuxième exemple :

 

Le Très Haut a dit (traduction rapprochée) : 

 

<Aux bel-agissants reviendra la plus belle, avec un surcroît (ziyadah)> [10 : 26] 

 

Le prophète صلى الله عليه وسلم a expliqué le surcroît par le fait de voir la face d’Allah le Très Haut lorsqu’il a dit : 

 

« Il (Allah) soulève le voile et voilà qu’ils n’ont jamais rien reçu de plus cher que la vue de leur Seigneur, puis il récita le verset : <Aux bel-agissants reviendra la plus belle, avec un surcroît>».

[Rapporté par Moslim] 

 

Troisième exemple :

 

Allah a dit (traduction rapprochée) :

 

<Le jour où une jambe sera découverte> . [68:42] 

 

Dans le livre de l’exégèse (Kitab attafsir) al Boukhari évoqua pour l’interprétation du verset ci-dessus, le hadith suivant : 

 

L’envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم a dit :

 

« Notre Seigneur découvre Sa jambe et tout croyant et croyante vont se prosterner devant Lui, celui qui se prosternait ici-bas par ostentation devant les gens ou pour s’acquérir un rang élevé parmi eux, va essayer de se prosterner mais son dos va former un seul bloc (qui l’en empêchera) ».

[Chapitre : le jour où une jambe sera découverte, tome 6, p. 72] 

 

Et ceci n’implique pas une assimilation ou un anthropomorphisme (traduction rapprochée) :

 

<Il n’y a rien qui Lui ressemble> [42:11]

 

car les gens de la Sunna et de la communauté affirment la description qu’Allah a donné de Lui-même tels que les mains, le visage (al wajh), l’ouïe et la vue, et affirment la description que lui a donné Son envoyé comme la jambe, les doigts, le pied, des attributs dignes de Sa souveraineté, et on ne connaît pas comment ils sont. 

 

Quatrième exemple :

 

Ibn Mass’ud رضي الله عنه a dit :

 

"Quand Allah fit descendre (traduction rapprochée) : <ceux qui croient et n’ont pas obscurci leur foi d’iniquité> [6:82], cela pesa lourd pour les compagnons et dirent au prophète صلى الله عليه وسلم : 

 

- Qui parmi nous n’a jamais été inique envers lui-même ? 

- Ce n’est pas ce que vous pensez, répondit l’envoyé d’Allah, l’iniquité (dans ce verset) c’est l’association, n’avez-vous donc pas entendu ce qu’a dit Loqmane à son fils (traduction rapprochée) : 

 

<Ô mon fils, n’associe à Allah personne. Lui associer est iniquité> [31:13] 

 

Parmi les leçons qu’on peut tirer du hadith : c’est que l’iniquité a plusieurs degrés (qui diffèrent selon la gravité du péché) et que les péchés ne s’appellent pas association, et que celui qui n’associe rien à Allah a la sécurité et fait partie des bien-guidés.

 

[évoqué par al Hafiz dans le livre « Al Fath »] 

 

Je dis :

 

Il y a de nombreux exemples de l’interprétation de l’envoyé d’Allah du Coran, je les réunirai bientôt - si Allah l’a voulu - dans un livre intitulé : « L’interprétation prophétique du Saint Coran » ou « Interprétation du Coran par le hadith authentique du prophète »).

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L’interprétation du coran par les paroles des compagnons

 

Certes, les interprétations des compagnons (qu’Allah les agrée) comme Ibn ‘Abbas, Ibn Mass’ud et autres, sont très importantes parce qu’ils ont accompagné le messager d’Allah et ont acquis le savoir de lui. 

 

Premier exemple :

 

Le Très Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<Le Tout Miséricordieux istawa sur le trône> . [20 : 5]

 

Dans son livre (Al Fath), al Hafiz (Ibn Hajar) a dit :

 

"Celui qui a fait revivre et fleurir la Sunna ; (l’Imam) al Baghawi a dit que selon Ibn ‘Abbas et la majorité des exégètes, le sens de [Istawa] est [s’est élevé]. Puis, il évoqua la parole d’Oum Salama, Rabi’a, Malek et autres : L’istiwa n’est pas inconnu, le reconnaître est signe de la foi, le renier est signe de mécréance."

[Tome 3, p. 406]

 

Deuxième exemple :

 

Le Très Haut dit (traduction rapprochée) :

 

<Ou si vous avez touché à des femmes> . [4 : 43]

 

Dans l’interprétation de ce verset Ibn Kathir évoqua la parole d’Ibn ’Abbas qui dit qu’il signifie : le rapport sexuel (al djima’).

 

Ibn ‘Abbas a dit également que l’attouchement (lams), le toucher (al mass) et le contact (al moubachara) signifient le rapport sexuel, car Allah donne à ce dernier les surnoms qu’Il veut (beaucoup de savants ont attribué cette interprétation à Ibn ‘Abbas).

 

Selon Ibn Mass’ud le terme - lams - signifie ce qui est en dehors du rapport sexuel.

 

Puis Ibn Kathir évoqua la parole suivante d’Ibn Jarir :

 

Entre ces deux paroles ; la plus proche de la vérité est celle de celui qui a dit que les paroles suivantes (traduction rapprochée) : <Ou si vous avez touché - lamastoum - des femmes> font allusion au rapport sexuel - al djima’ - à l’exclusion des autres significations que peut porter le terme - lams - (évoqué dans le verset) vue l’authenticité de l’information dans laquelle le messager d’Allah a embrassé l’une de ses femmes puis pria sans faire d’ablutions.

[Ibn Kathir : tome 1, p. 502]

 

NB : Si l’interprétation du verset par le hadith est différente de l’interprétation du compagnon ou du successeur, on doit essayer de mettre les deux interprétations en accord, si ce n’est pas possible, il faut mettre l’interprétation du prophète صلى الله عليه وسلم  de préférence à celle d’autrui quel qui soit, parce que le messager d’Allah صلى الله عليه وسلم est plus connaisseur de ce qu’a voulu Allah que quiconque, il est celui qui ne prononce rien sous l’effet de la passion, et parce qu’Allah le Très Haut dit (traduction rapprochée) :

 

<Ô vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et Son messager> [49:1]

 

c’est à dire ne les devancez pas dans vos paroles et actes. [évoqué par Ibn Kathir]

 

Exemple :

 

Le Très Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<Le jour où une jambe sera découverte> [68 :42]

 

ce verset a été interprété par al Boukhari par le hadith :

 

« Quand notre Seigneur découvre Sa jambe, tout croyant et toute croyante vont se prosterner devant Lui... ».

[Boukhari et Moslim]

 

Dans une version, Ibn ‘Abbas a interprété le verset (Le jour où une jambe sera découverte) par jour d’affliction et d’horreur. [évoqué par Ibn Jarir]

 

S’il s’avère que ce texte (interprétation) appartient avec certitude à Ibn ‘Abbas il ne contredira pourtant pas le hadith qui explique le verset par la vraie jambe d’Allah et ceci sans recourir à des comparaisons .

 

En effet, notre Seigneur découvre sa jambe et c’est en même temps un jour d’affliction et d’horreur.

 

De plus, il n’est pas loin de dire que le hadith de Abou Sa’id Al Khoudri qui interpréta le verset n’est pas parvenu à Ibn ‘Abbas.

 

(Ce genre de situation peut arriver) comme il est rapporté dans le Sahih d’Al Boukhari que Abou Moussa demanda la permission d’entrer chez ‘Omar, et ceci trois fois de suite, sans que ce dernier l’y autorise, et il (Abou Moussa) rebroussa chemin.

 

Puis ‘Omar a dit : « N’ai-je pas entendu ‘Abdallah Ibn Qays demander la permission d’entrer ? Laissez-le entrer. »

On le chercha mais on le trouva déjà parti.

Quand Abou Moussa est revenu voir ‘Omar, celui-ci demanda :

- « Pourquoi es-tu parti ? » 

- « J’ai demandé la permission d’entrer trois fois, mais on ne me l’a pas donnée et j’ai entendu le Prophète  صلى الله عليه وسلم     dire : 

« Quand tu demandes la permission d’entrer, répète la trois fois. Si on te la donne entre, sinon rebrousse chemin. » 

‘Omar a dit : 

- « Si tu ne me montres pas une preuve évidente de ce que tu viens de me dire, je t’infligerai une punition douloureuse. » 

Il partit voir un groupe d’auxiliaires (Ançars), leur fit part de ce qu’a dit ‘Omar. 

Ils dirent à ‘Omar : 

- « Ne témoignera en sa faveur que notre cadet. » 

Aussitôt, Abou Sa’id Al Khoudri se leva et cita le hadith à ‘Omar. Sur quoi ‘Omar fit cette réflexion : 

- « Ce sont les transactions dans les marchés qui m’ont pris mon temps. »

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L’interprétation du coran par les suiveurs (tabi’ounes)

 

L’interprétation du Coran par les propos des Suiveurs -Qu’Allah leur soit Miséricordieux- est très intéressante car ils ont acquis le savoir des Compagnons qui l’ont acquis de l’Envoyé d’Allah . 

 

Exemple :

 

Dans son livre de l’Unicité -Kitab Attawhid- Al Boukari rapporte [Tome 8, p.175] que Abou Al Alia a interprété le verset (traduction rapprochée) :

 

<Puis Istawa vers le Ciel> [Sourate 2,verset 29] par « S’est élevé »

 

Moujahid a dit : « Istawa » signifie « monta sur le Trône.» [Tome 8, p.175].

 

De même At-Tabari rapporte selon Anas Ibn Rabi’ (traduction rapprochée) :

 

<Puis Istawa vers le Ciel> - « S’est élevé sur le Ciel » [L’exégèse de At-Tabari].

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L’interprétation du coran par la langue arabe

 

L’interprétation du Coran par la langue arabe est très importante car Allah le Très-Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

<Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez.> [Sourate 12, verset 2]

 

Premier exemple :

 

Dans son livre « Al Fath » (Fath Al Bari) Al Hafedh (Ibn Hajar) rapporte qu’Ibn Battal a dit :

 

- « Les gens ont divergé entre eux à propos du vrai sens de « Istawa » dans le verset (traduction rapprochée) : <puis Istawa vers le Ciel.> [Sourate 2, verset 29]. 

 

Les Mou’tazilites l’ont interprété par : « l’envahissement, la domination et la supériorité », ils ont pris comme argument les paroles d’un poète : 

 

- « Bichr Istawa (a envahi) sur l’Iraq sans se servir d’épée ni couler de sang. » 

 

Puis Al Hafedh répondit à cet avis en disant : 

 

- « L’interprétation des Mou’tazilites est fausse car Il (Allah) est toujours dominateur supérieur et envahisseur. » 

 

Il évoqua plusieurs interprétations puis conclut par la parole suivante : 

 

- « …et l’interprétation de Istawa par « s’est élevé » est la plus juste ; c’est la voie de la vérité et la parole des Gens de la Sounna -Ahl Al Sounna- parce que la description qu’Allah a donnée de Lui-même c’est qu’Il est le Très-Haut -Al A’la- 

 

Allah a dit (traduction rapprochée) :

 

< Pureté à Lui, Il est Très élevé -ta’ala- au-dessus de ce qu’ils Lui associent.> 

 

Al A’la : C’est un Attribut de l’Essence "Sifat ad-dhat"

 

[Fath Al Bari Tome 13 / P.406]. 

 

Je dis : 

 

« Le plus juste est de dire que l’Istawa est un Attribut qui concerne les Actes d’Allah -Sifat fi’liyyah- et qui est en relation avec Son Essence. -Allah est plus Connaisseur- [voir l’explication de la Profession de Foi -Al Wassitiyya- de Al Harras / P.91] 

 

Dans son livre « Al Fath » Al Hafedh a dit que Abou Ismail Al Harawi rapporte dans son livre « Kitab Al Farouq » avec une chaîne de rapporteurs -Sanad- qui remonte jusqu’à Daoud Ibn Ali Ibn Khalaf que ce dernier a dit : « Nous étions chez ‘Abdallah Ibn Al ’Arabi (il s’agit du célèbre lexicographe: Mohammed Ibn Zayad), quand un homme lui demanda l’explication du verset (traduction rapprochée) :

 

<le Tout-Miséricordieux Istawa sur le Trône> 

 

- Il est sur le Trône comme Il nous a informé , répondit-il. 

- O Abou ‘AbdAllah, son sens (le sens de Istawa) c’est dominer (Istawla). 

- Tais-toi, répliqua Mohammed Ibn Zayad, on ne dit que quelqu’un n’a envahi ou dominé -Istawla- qu’après avoir combattu un adversaire. 

 

D’autres ont dit : « Si le terme Istawa signifiait dominer (Istawla) Allah n’aurait pas privilégié le Trône puisqu’Il domine toutes ses créatures ». [Tome 13 / P.406]. 

 

Le plus étonnant est que les ‘Acharites ont pris des Mou’tazilites l’explication de « Istawa» par dominer «Istawla», et cette interprétation s’est répandue dans les livres de l’exégèse de l’Unicité -Tawhid- et dans les lèvres de beaucoup de gens . 

 

Ils renièrent ainsi qu’Allah Glorifié est Élevé par rapport à Ses créatures, comme c’est prouvé par les versets, les hadiths authentiques, les paroles des Compagnons, des Suiveurs et des Imams Moudjtahid. Ils allèrent jusqu’à contredire la langue arabe par laquelle le Saint Coran fut descendu. 

 

Ibn al Qayyem - qu’Allah lui accorde sa miséricorde - a dit : Allah a ordonné aux Juifs de dire « Hittah » - Rémission - (de vos péchés) tandis qu’eux ont falsifié le mot et ont dit : « Hintah» qui signifie « froment ». 

 

De même Allah (Exalté soit-Il) nous a informé qu’il s’est élevé « Istawa » sur le Trône , les Mouta-awwilounes- ( Ceux qui font passer le terme de la signification prépondérante à la signification non prépondérante sans argument solide ) ont dit : « Istawla ». 

 

Remarquez qu’en ajoutant la lettre L « Lam » à Istawa ils ont ressemblé aux Juifs qui ont ajouté la lettre N « Noun » à « Hittah ». [voir le poème -announiah- d’Ibn Al Qayyem]. 

 

Deuxième exemple :

 

Ce que raconte Allah à propos de Ibrahim (traduction rapprochée) :

 

<Quand il dit à son père et à son peuple : « Que sont ces statues -tamathil- auxquelles vous vous attachez ? »> [Sourate 21, verset 52] 

 

Le sens de « tamathil » ce sont les idoles comme le signale l’Imam Ach-Chawkani dans son livre d’exégèse « Fath Al Qadir . » 

 

Il a dit : « Les « tamathil » sont les idoles, et le timthal -à l’origine- est la matière modelée pour ressembler à l’une des créatures d’Allah (Exalté soit-Il) . 

 

On dit : « math-thaltou » telle chose à telle chose ; c’est à dire j’ai rendu telle chose semblable à telle chose, et la chose rendue semblable s’appelle « timthal » [ Tome 12 / P.411]. 

 

Les idoles que les associateurs adoraient représentent les Saints -awliyya’- la preuve dans ce qui suit : 

 

a) Al Boukhari rapporte que dans l’explication du verset coranique (traduction rapprochée) : 

 

<Se disant : « Ne laissons pas nos Dieux, ne laissons ni Wadd, ni Sunâ, ni Yaghûth, non plus Ya’uq, ni même Nasr> [Noé 23] . 

 

Ibn ‘Abbas رضي الله عنه a dit : « les idoles que le Peuple de Noé adorait se retrouvèrent chez les arabes… ce sont les noms d’hommes vertueux du Peuple de Noé. Lorsqu’ils périrent, Satan inspira à leur Peuple de dresser des idoles aux endroits où ils s’installaient. Ils leurs donnèrent les noms de ces hommes. Ils s’exécutèrent, mais les idoles ne furent pas adorées jusqu’à ce que ceux-ci périrent et le Savoir fut oublié, puis ces statues furent adorées. 

 

b) Al Boukhari rapporte également que dans l’explication de la Parole Divine (traduction rapprochée) : 

 

<Ainsi, vous auriez vu [des divinités] Al-Lat et Al-Uzzah> [53 :19]. 

 

Ibn ‘Abbas a dit : « Al-Lat » (l’idole) était un homme qui approvisionnait les pèlerins d’un aliment qui s’appelle Sawiq (c’est un mélange de blé et de beurre ou de l’eau) [Tome 6 / P.51]. 

 

Je dis : c’est pour cela qu’Allah les a appelé « awliyya’ » (hommes vertueux) à plusieurs reprises dans le Coran , par exemple, le Très-Haut a dit : < Ont-ils pris des « awliyya’ » en dehors de Lui > [42:9]. 

 

A partir de ces explications, on découvre l’erreur dans laquelle ont été induits beaucoup de musulmans ; ils prétendent ainsi, que les associateurs évoqués dans le Coran invoquaient des statues en pierre et ce ne sont pas des gens vertueux « awliyya’ », alors qu’en fait, elles représentent des hommes vertueux. 

 

Troisième exemple d’explication par la langue arabe :

 

Le Très-Haut a dit (traduction rapprochée) : 

 

<Sache donc qu’en vérité, il n’y a point de « ilah » à part Allah > [47:19]. 

 

« Al-ilah » c’est un dieu au sens passif de « ma’luh », c’est à dire celui qui est adoré « ma’bud ». 

 

Cependant, les choses adorées en dehors d’Allah sont nombreuses : les Hindous en Inde adorent les vaches, les Chrétiens adorent le Messie (Jésus), certains musulmans, malheureusement, adorent les hommes vertueux « Awliyya’ » et les invoquent en dehors d’Allah, alors que le Hadith est clair là-dessus: « L’invocation c’est l’adoration ». 

[Rapporté par Tirmidhi : authentique, hadith hassane sahih]. 

 

En effet, il est devenu nécessaire d’ajouter le mot « en droit » ou « vrai » (haqq) à l’explication de la formule de l’Unicité qui devient: « Nul n’est en droit (haqq) d’être adoré (ma’bud) qu’Allah », ce qui fait sortir tous les faux objets d’adoration « Al ma’budat al batilah ». 

 

La preuve de cette explication se trouve dans le Coran, Allah a dit (traduction rapprochée) : 

 

<Il en est ainsi parce qu’Allah est la vérité (Haqq), et tout ce qu’ils invoquent en dehors de Lui est le Faux « Al Batil »> [31:30]. 

 

Et à partir de cette explication du terme « ilah », on découvre l’erreur dans laquelle ont été induits beaucoup de musulmans qui renient qu’Allah (Glorifié soit-Il) soit élevé (par rapport à Ses créatures) et qu’Il soit au-dessus « fawq » de Son Trône « al uluw ». 

 

Ils prennent comme argument le verset suivant où le Très-Haut a dit (traduction rapprochée) :

 

« C’est Lui qui est « ilah » dans le ciel et « ilah » sur terre » [43,84]. 

 

Or, s’ils connaissaient le vrai sens de « ilah », ils ne prendraient pas ce verset comme argument, car « ilah » signifie « celui qui est en droit d’être adoré » comme c’est évoqué ci-dessus. 

 

Le sens du verset est : < C’est Lui Qui est en droit d’être adoré dans le ciel et c’est également Lui Qui est en droit d’être adoré sur terre, sachant que d’autres versets affirment qu’Allah est au-dessus de Son Trône.

 

Allah a dit : [ puis « Istawa » sur le Trône > [7:54], c’est à dire « S’est élevé » (sur le Trône). 

 

Ainsi, beaucoup de musulmans se trompent quand ils expliquent « La ilaha illa Allah » par « Il n’y a de créateur qu’Allah -La khaliqa illa Allah- » ou bien « Nul n’attribue la nourriture en dehors d’Allah -La raziqa illa Allah- », parce que les associateurs reconnaissaient pourtant ceci (alors même qu’ils étaient des associateurs) et c’est parce qu’ils savaient que « al ilah » signifie « Celui qui est en droit d’être adoré » qu’ils refusèrent par orgueil de prononcer cette formule « La ilaha illa Allah » « Nul n’est en droit d’être adoré qu’Allah », le Très-Haut a dit à leur propos (traduction rapprochée) : 

 

<Quand on leur dit : « Nul n’est en droit d’être adoré qu’Allah », ils se gonflent d’orgueil. Et disent : « Allons-nous abandonner nos divinités pour un poète fou ? »> [37:35-36]. 

 

Quatrième exemple :

 

Ce qui aide à l’interprétation c’est la connaissance des règles de grammaire de la langue arabe « qawa’id al lugha al ‘arabiyyah » concernant les mots que l’on peut avancer et les mots que l’on peut mettre en arrière (dans une phrase) « taqdime wa ta’khir » 

 

Par exemple, Allah le Très-Haut a dit (traduction rapprochée) : 

 

<C’est Toi -Iyyaka- que nous adorons « na’budu » et c’est Toi -Iyyaka- que nous implorons aide « nasta’ine> [1:5]

 

Il (Allah) mit le complément -al maf’oul- « C’est Toi (Iyyaka) » avant le verbe -fi'l- adorer (nous adorons -na'budu-) et le verbe implorer aide (nous implorons aide -nasta'ine-) pour désigner la spécificité et la particularité, c’est à dire nous n’adorons que Toi, nous n’implorons aide que de Toi O Allah !

 

Et nous attribuons particulièrement à Toi Seul nos adorations et nos implorations d’aide. 

 

Extrait du livre "Comment comprendre le coran ?" 
traduit par abou abdallah al maghrebi
copié de albidayah.forum-actif.net

 

Cheikh Muhammad Ibn Jamil Zinou - الشيخ محمد بن جميل زينو

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Publié par 3ilm char3i-La science legiferee - dans Coran - القرآن الكريم