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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 15:08
La médisance - الغيبة

La définition de la médisance se trouve dans le hadith rapporté par Muslim (2589, 4/2001) [...] d'après Abu Hurayrah : le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

 

"Savez-vous ce qu'est la médisance?"

Les compagnons dirent : "Allah et Son prophète en savent plus que nous."

Il dit : "C'est le fait de parler de ton frère d'une façon qui ne lui plairait pas."

Certains demandèrent : "Qu'en penses-tu, si ce que tu dis de mon frère est vrai ?"

Le prophète صلى الله عليه وسلم répondit : "Si ce que tu dis sur lui est vrai, tu te seras rendu coupable de médisance.

Mais si ce que tu dis sur lui est faux, tu l'auras alors calomnié (bahattahu)."

 

Concernant le passage " Tu l'auras alors alors calomnié ( bahattahu)" , An Nawawi a dit dans Sharh Muslim (16/ 142) : "[...] Ce verbe est de la même famille que le mot "Buthân" qui signifie " le faux". "

 

Médire peu ou médire beaucoup est tout aussi interdit.

 

On trouve dans les Sunnans d'Abu Dawud que 'Aishah dit un jour :

 

"Ô Messager d'Allah !

La petite taille de Safiyah n'est pas le moindre de ses défauts..."

Le prophète صلى الله عليه وسلم répondit : "Tu viens de prononcer une parole qui, si on la mélangeait à l'eau de mer, l'aurait polluée."

Hadith authentique 

 

Al-Bukhârî et Muslim rapporte d'après Abû Bakrah que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

 

"Vos vies, vos biens, votre honneur sont aussi sacrés que ce jour-ci, en ce lieu-ci, en ce mois-ci." 

 

At Tirmidhi rapporte dans ses Sunans d'après Ibn 'Umar : le prophète صلى الله عليه وسلم gravit les marches du minbar et [nous] interpella d'une voix retentissante :

 

"Ce message est adressé à tous ceux qui ont prononcé l'attestation de foi par la langue, mais sans que la foi n'atteigne encore leur cœur : ne causez pas de tort aux musulmans, ne vous moquez pas d'eux, et n'épiez pas leurs erreurs.

Quiconque épie les erreurs de son frère, verra Allah épier ses erreurs en retour.

Or quand Allah épie les erreurs de quelqu'un , Il dévoile alors ses péchés aux yeux des gens, même si celui-ci les a commis chez lui."

 

Abu Dawud rapporte dans ses Sunans Id'après Anas Ibn Malik que le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

 

"Lors de mon ascension nocturne , je vis des gens aux ongles de cuivre avec lesquels ils se déchiraient le visage et la poitrine. Je demandai: "Qui sont ces gens, Ô Jibril?"

Il me répondit : "Ce sont ceux qui mangent la chair des gens et portent atteinte à leur honneur."" 

 

Al Hafidh Ibn Kathîr a dit dans son exégèse (4/215) :

 

"Les savants sont unanimes concernant le caractère illicite de la médisance, aucune exception on n'existe à ce sujet, sauf dans le cas où l'intérêt (de la médisance l'emporte [sur les dommages qu'elle pourrait engendrer], comme c'est le cas dans  la science de la critique [des rapporteurs de hadith], ou lorsque l'on veut prodiguer un conseil.

 

Ces exceptions sont illustrées par le hadith où un hypocrite sollicita une assise avec  le Prophète صلى الله عليه وسلم

 

Le Prophète صلى الله عليه وسلم répondit :

 

"Faites-le entrer... quel mauvais confrère !"

 

Ou bien lorsque le Prophète صلى الله عليه وسلم dit à Fâtimah bint Qays [qui venait s'informer auprès de lui de] Mu'âwiyah et Abu Al-Jahm qui l'avaient demandée en mariage :

 

"Mu'âwiyah est tellement pauvre qu 'il n'a pas un sou. Quant à Abû Al-Jahm, il se rend trop souvent coupable de violences conjugales."

 

Il en est de même pour toutes les situations exceptionnelles de  ce genre. 

Mais la règle de base est que la médisance est absolument interdite. " 

Fin de citation. 

 

Les situations qui ne sont pas considérées comme de la médisance ont été versifiées dans le poème suivant: 

 

الذم ليس بغيبة في ستة

متظلم ومعرف ومحذر 

ولمظهر فسقا ومستفت ومن

طلب الإعانة في إزالة منكر

 

Dénigrer n'est pas médire dans six cas typiques :

Se plaindre d'une injustice pour la faire cesser,

Désigner une personne par son défaut physique,

Prévenir contre qui représente un danger,

Citer les péchés de qui les fait en public,

Citer les défauts pour qu'un mufti puisse juger,

Demander de l'aide pour qu'un méfait s'éradique.

 

Ces deux vers ont été cités dans Subul As-Salam (1583) dans lequel on trouvera les arguments appuyant ces six circonstances pour qui voudrait approfondir la question.

 

Extrait de : نصيحتي للنساء - Conseils pour la femme musulmane

 

  

 

Cheikha Umm ‘Abdillah Al-Wadi’iya - الشيخة أم عبد الله الوادعية

 

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Publié par 3ilm char3i-La science legiferee - dans Comportement - أخلاق و آداب