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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:16
Se plaindre

Je désigne par là le fait de se plaindre trop souvent, ou de se rebeller contre le décret divin à force de se plaindre.

 

Si rien de tout cela n’arrive, il est alors permis de se plaindre.

 

Il a authentiquement été rapporté dans Sahih Al-Boukhari que ‘Aïcha se plaignit d’un mal de tête en ces termes : 

« Ô ma tête ! » et le Prophète -qui souffrait aussi de maux de tête- lui dit : «C’est plutôt à moi de dire : ô ma tête ! »

 

Il est permis de se plaindre quand on porte plainte contre une autorité.

 

Allah Ta’ala dit :

 لَّا يُحِبُّ اللَّـهُ الْجَهْرَ بِالسُّوءِ مِنَ الْقَوْلِ إِلَّا مَن ظُلِمَ ۚ وَكَانَ اللَّـهُ سَمِيعًا عَلِيمًا

 

 « Allah n’aime pas qu’on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah entend et sait tout. » S.An-Nissa, v.148

 

Ash-Shawkani dans Fath el Qadir (1/531) :

 

«Les savants ont divergé concernant la manière licite de proférer de mauvaises paroles quand on a injustement été provoqué.

Certains ont avancé qu’il s’agit d’invoquer Allah contre celui qui a commis l’injustice.

D’autres ont dit : il n’y a pas de mal à proférer de mauvaises paroles à l’encontre de qui a commis une injustice en disant : untel a été injuste envers moi, untel est injuste, et autres expressions.

 D’autres ont affirmé que ce verset concernait ceux que l’on contraint à prononcer de mauvaises paroles, entendant par là des paroles de mécréance et autres paroles similaires.

Dans ce cas de contrainte, il est permis de prononcer ce genre de paroles. Le verset concernerait alors une situation de contrainte.

C’est là l’avis de Qutrub.

On peut aussi considérer que les deux expressions sont simplement juxtaposées ce qui donnerait : « Allah n’aime pas que l’on profère de mauvaises paroles, [et Il n’aime pas les injustes]. Il aime plutôt ceux qui ont été injustement provoqués. »»

 

Il reste que le sens apparent du verset est qu’il est permis à l’oppressé de prononcer des paroles qui sont mauvaises aux yeux de l’oppresseur.

 

Cet avis est appuyé par le hadith authentiquement rapporté dans les Sahihs :

 

« Le fait qu’une personne aisée retarde volontairement et sans raison le remboursement de sa dette est une injustice. Par ce biais, son honneur peut être bafoué et elle peut être puni. »

 

Fin de citation.

 

Se plaindre à Allah ne s’oppose pas à la patience.

 

En effet, le Prophète Ya’qub a’lih salam s’était promis de patienter d’une belle manière.

 

Or quand un prophète promet, il ne trahit pas sa promesse.

 

Il a ensuite dit :

 قَالَ إِنَّمَآ أَشۡكُواْ بَثِّى وَحُزۡنِىٓ إِلَى ٱللَّهِ وَأَعۡلَمُ مِنَ ٱللَّهِ مَا لَا تَعۡلَمُونَ

 « Je ne me plains qu’à Allah de mon déchirement et de mon chagrin. » S.Yusuf, v.86

 

Il en est de même pour le prophète Ayyoub.

 

Allah a dit de lui qu’Il l’avait trouvé patient bien qu’Ayyoub ait dit :

 

وَأَيُّوبَ إِذۡ نَادَىٰ رَبَّهُ ۥۤ أَنِّى مَسَّنِىَ ٱلضُّرُّ وَأَنتَ أَرۡحَمُ ٱلرَّٲحِمِينَ

 « Le mal m’a touché. Mais Toi, Tu es Le plus Miséricordieux des miséricordieux. » S.Al-Anbiya, v.83

 

C’est se plaindre d’Allah qui s’oppose à la patience, et non le fait de se plaindre à Allah.

A ce sujet on rapporte qu’un homme vit quelqu’un se plaindre à autrui de sa pauvreté et de son indigence.

L’homme lui dit alors : Ô untel ! Te plains-tu de Celui qui t’est clément auprès de qui n’a aucune clémence pour toi ?

L’homme récita ensuite les vers suivants :

 

Quand un malheur te touche, patiente…

 

…Comme un homme digne, car Allah sait ce que tu endures.

 

En fait, quand tu te plains auprès d’un être humain

 

Tu te plains du Très Clément auprès de qui ne t’est pas clément.

Voir Madarij As-Salikin

 

Une des raisons pour lesquelles les femmes représentent la majeure partie des habitants de l’enfer est qu’elles se plaignent souvent.

 

L’Imam Muslim (2/603) a dit : […] Jabir ibn ‘AbdAllah a dit : J’ai assisté à la prière de l’Aïd dirigée par le Prophète . Il commença par la prière avant de faire son sermon, sans Adhan ni Iqamah.

Il se leva ensuite en se tenant sur Bilal. Il ordonna alors à l’assistance de craindre Allah, les incita à Lui obéir, et leur délivra exhortations et rappels.

Il se dirigea ensuite vers les femmes qu’il exhorta et rappela à l’ordre.

Il leur dit ensuite : « Pratiquer l’aumône, car la majorité d’entre vous seront un combustible pour l’enfer. »

Une femme de la classe moyenne aux joues mâts se leva alors demanda : «Pourquoi ô Messager d’Allah ? »

Il répondit : «Car vous ne cessez de vous plaindre et de nier les bienfaits de vos époux. » 

Les femmes se mirent alors à donner en aumône leurs bijoux, en jetant leurs boucles d’oreille et leurs bagues dans la tunique de Bilal.

 

[…]

 

Enfin, [en cas de nécessité] on ne se plaint pas auprès de n’importe qui.

 

On ne se plaint que si cela présente un intérêt certain, comme le fait de porter plainte auprès du juge.

 

Extrait du livre : Conseils concernant la femme musulmane p 85 « Nassihati linissa » 

 

Cheikha Umm ‘Abdillah Al-Wadi’iya - الشيخة أم عبد الله الوادعية

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Publié par 3ilm char3i-La science legiferee - dans Actualités - أخبار