Demander en mariage une femme déjà demandée par son frère

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Demander en mariage une femme déjà demandée par son frère

Question : 

 

Je souhaite demander en mariage une femme cependant j'ai appris qu'un homme m'avait précédé et l'avait demandée.

 

M'est-il autorisé de la demander en mariage ?

 

Réponse :

 

La demande en mariage par-dessus une autre demande en mariage est interdite, c'est-à-dire demander en mariage une femme est interdit si un musulman l'a déjà demandée, selon la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم :

 

"Et qu'il ne demande pas en mariage une femme qui a déjà été demandée par son frère jusqu'à ce que celui-ci l'épouse ou délaisse (cette demande)"

(Rapporté par Al Boukhârî n°5143),

et dans une version :

"Sauf s'il le lui autorise"

(Rapporté par Al Boukhârî n°5142 et Mouslim n°1412)

 

Et l'interdiction de cela ne s'applique pas par le simple fait qu'un musulman ait demandé une femme et donc il te serait interdit de la demander, mais plutôt par le fait qu'on lui ait indiqué clairement qu'on l'acceptait ou que des signes montrent cela, et qu'il n'autorise personne à demander cette femme, et qu'il ne délaisse pas (cette demande). 

 

Et cette interdiction s'applique dans le cas où le prétendant est un homme musulman, parce que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

 

"Et qu'il ne demande pas en mariage une femme qui a déjà été demandée par son frère"

(Rapporté par Al Boukhârî n°5143)

 

Le non-musulman n'entre donc pas dans l'interdiction.

 

Le juif et le chrétien s'ils ont demandé en mariage une femme juive ou chrétienne puis qu'un musulman souhaite l'épouser, on ne lui dirait pas : "Ne demande pas en mariage cette femme qui a déjà été demandée par un juif ou un chrétien" parce que ce n'est pas son frère.

 

Et l'interdiction pour un homme de demander en mariage une femme déjà demandée par son frère musulman est dans le but que ça ne provoque pas d'animosité et de haine dans les cœurs des musulmans les uns envers les autres, et cette signification n'est pas présente envers le juif et le chrétien, ceci est donc spécifique au musulman, tandis que le non-musulman ne dispose pas de droit en cela qui doive être respecté.

 

Quant à notre parole que ce n'est pas le simple fait qu'un homme ait demandé en mariage une femme qui rend interdit à un autre de la demander, nous avons dit cela afin de rassembler entre deux hadîths :

 

Le premier :

 

"Et qu'il ne demande pas en mariage une femme qui a déjà été demandée par son frère jusqu'à ce que celui-ci l'épouse ou délaisse (cette demande)"

(Rapporté par Al Boukhârî n°5143)

 

Le second :

 

Ce qui est rapporté dans Sahîh Mouslim selon Fâtimah bint Qays après que son mari l'a divorcée, le Prophète صلى الله عليه وسلم lui dit :

 

"Lorsque tu seras licite (c'est-à-dire quand tu auras achevé ta période de viduité), informe-moi."

Elle vint alors à lui et l'informa que Mou'âwiyah et Aboû Jahm l'avaient demandée en mariage.

Et tout en sachant cela, après qu'elle l'ait informé que Mou'âwiyah et Aboû Jahm l'avaient demandée en mariage, le Prophète صلى الله عليه وسلم lui dit :

"Quant à Mou'âwiyah il est pauvre et ne possède pas de biens, quant à Aboû Jahm il ne pose pas son bâton de son épaule - c'est-à-dire qu'il frappe beaucoup les femmes - , marie-toi avec Oussâmah ibn Zayd"

(Rapporté par Mouslim n°1480)

 

Ainsi la demande en mariage d'Oussâmah ibn Zayd a été faite par le Prophète صلى الله عليه وسلم, nous avons donc rassemblé entre les deux hadîths en disant que l'interdiction de demander en mariage une femme déjà demandée par un musulman ne s'applique que dans le cas où la femme demandée par le premier a penché vers lui et l'a accepté.

 

Quant au fait qu'elle soit demandée en mariage - d'une simple demande - sans qu'elle n'ait penché vers l'homme qui l'a demandée ni ne l'ait accepté, alors il est autorisé à un autre homme de la demander en mariage.

 

Et Allâh est plus savant.

 

Ceci est le résumé de la fatwâ.

 

Al-Tirmidhî a dit dans son Recueil (1134) :

 

● Mâlik ibn Anas a dit :

 

Le seul sens voulu de l'interdiction pour un homme de demander en mariage une femme déjà demandée par son frère est que : lorsqu'un homme a demandé en mariage une femme et qu'elle l'a accepté, il n'appartient alors à personne de faire une demande par-dessus sa demande.

 

● Al-Châfi'î a dit :

 

Le sens de ce hadîth "et qu'un homme ne demande pas en mariage une femme déjà demandée par son frère", pour nous, est que lorsqu'un homme a demandé en mariage une femme et qu'elle l'a accepté et a penché vers lui, il n'appartient alors à personne de faire une demande par-dessus sa demande.

Par contre, avant qu'on ne sache son acceptation ou son penchant vers lui, il n'y a pas de mal à ce qu'un autre la demande en mariage.

Et la preuve de cela est le hadîth de Fâtimah bint Qays lorsqu'elle est venue au Prophète صلى الله عليه وسلم et l'a informé qu'Aboû Jahm ibn Houdhayfah et Mou'âwiyah ibn Abî Soufiân l'avaient tous deux demandée en mariage.

Il dit alors :

"Quant à Aboû Jahm c'est un homme qui ne retire pas son bâton des femmes (c'est-à-dire qu'il les frappe beaucoup), quant à Mou'âwiyah il est pauvre et ne possède pas de biens, cependant marie-toi avec Oussâmah."

(Rapporté par Mouslim n°1480)

Le sens de ce hadîth pour nous - et Allâh est plus savant - : est que Fâtimah ne l'a pas informé qu'elle avait accepté l'un des deux, et que si elle l'avait informé de cela, il ne lui aurait pas indiqué un autre homme que ceux qu'elle lui a mentionnés."

Fin de citation.

 

● Ibn al Moundhir a dit dans Al Awsat (240/8) :

 

Et sa parole "et que l'un d'entre vous ne demande pas en mariage une femme déjà demandée par son frère" est une interdiction qu'un homme demande en mariage une femme déjà demandée par son frère musulman, et une autorisation de demander en mariage une femme déjà demandée par un juif ou un chrétien, parce que ces choses étaient autorisées jusqu'à ce que le Prophète صلى الله عليه وسلم n'interdise à l'homme de demander en mariage une femme déjà demandée par son frère.

Donc l'interdiction est survenue à propos de la demande en mariage du musulman, et l'autorisation qui était avant cette interdiction demeure donc concernant celui qui n'est pas le frère du musulman.

Allâh a dit :

إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ إِخْوَةٌ﴿

"Les croyants ne sont que des frères" (S49 - V10).

Fin de citation, voir (244/8).

 

● Al-Nawawî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit dans l'explication du Sahîh Mouslim (197/9) :

 

Ces hadîths en apparence indiquent l'interdiction de demander en mariage une femme déjà demandée par son frère, et les savants sont unanimes pour l'interdire si on a indiqué clairement au prétendant qu'on l'acceptait et que ce dernier ne permette pas (à un autre de demander) et qu'il ne délaisse pas (cette demande).

 

Si un homme demandait en mariage une femme déjà demandée et qu'il se mariait avec elle, dans une telle situation il aurait commis un péché et son mariage serait valide et on ne l'annulerait pas, ceci est notre avis et l'avis de la majorité des savants.

 

Dâwoud a dit : on annule son mariage, et il est rapporté de Mâlik deux versions comme les deux avis précédents, et un groupe de compagnons de Mâlik a dit : on annule le mariage si c'est avant la consommation et non après.

 

Par contre, si on lui montre qu'on va l'accepter mais sans lui dire clairement, alors concernant l'interdiction de demander en mariage par-dessus sa demande : il y a deux avis d'Al-Châfi'î, et le plus authentique des deux est que ce n'est pas interdit.

 

Et certains savants malikites ont dit que ce n'était pas interdit tant qu'ils ne l'ont pas accepté comme mari et que la dot soit mentionnée, et ils ont argumenté par ce que nous avons évoqué du fait que c'était interdit seulement s'il y avait eu acceptation avec le hadîth de Fâtimah bint Qays, car en effet elle a dit : "Aboû Jahm et Mou'âwiyah m'ont demandée en mariage", et le Prophète صلى الله عليه وسلم n'a pas blâmé la demande de l'un sur celle de l'autre, mais il a plutôt fait une autre demande pour Oussâmah.

On pourrait objecter à cette argumentation que le second n'était peut-être pas au courant de la demande du premier, et quant au Prophète صلى الله عليه وسلم qu'il a indiqué Oussâmah mais n'a pas fait de demande en mariage pour lui.

 

Et les savants sont unanimes que si le prétendant délaisse sa demande en mariage car il n'est plus intéressé et autorise les autres, alors il leur sera autorisé de demander en mariage cette femme qu'il a demandée et ceci est clairement indiqué dans ces hadîths. 

 

Et concernant sa parole صلى الله عليه وسلم : "par-dessus la demande en mariage de son frère", Al Khattâbî et d'autres ont dit que son sens apparent est que l'interdiction est spécifique au cas où le prétendant est musulman, et que s'il est non-musulman il n'y a alors pas d'interdiction, et Al Awzâ'î est de cet avis.

Et la majorité des savants a dit : "il est interdit de demander en mariage une femme qui a déjà été demandée par un non-musulman également."

Et ils peuvent avancer comme réponse au hadîth que la restriction "de son frère" correspond au cas le plus fréquent et ne permet donc pas d'en déduire une règle dans le sens contraire, comme dans la parole du Très-Haut :

﴾وَلَا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُمْ مِنْ إِمْلَاقٍ﴿

"Et ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté" (S6 - V151)

et dans la parole du Très-Haut :

﴾وَرَبَائِبُكُمُ اللَّاتِي فِي حُجُورِكُمْ مِنْ نِسَائِكُمُ﴿

"Et les filles de vos épouses (nées d’un autre homme) qui sont dans votre giron" (S4 - V23)

et d'autres versets similaires.

 

Et sache que l'avis juste, tel que l'impliquent les hadîths et leur généralité, est qu'il n'y a pas de différence entre le prétendant débauché et un autre.

 

Et Ibn al Qâssim al mâlikî a dit : il est autorisé de demander en mariage une femme déjà demandée par un débauché.

 

Fin de citation.

 

Fatwâ n°4590

Date d'ajout : 14 Cha'bân 1441

Traduit et publié par l'équipe 3ilmchar3i.net

السؤال : أريد خطبة امرأة ولكنني علمت أن رجلاً سبقني وخطبها، فهل يجوز لي خطبتها؟

الاجابة : تحرُم الخِطبة على الخِطبة، أي أن خِطبة المرأة مُحرَّمة إذا خطبها مسلم؛ لقول النبي ﷺ:

 ولا يَخطُب على خِطبة أخيه حتى ينكح أو يترك ([1])

وفي رواية : إلّا أن يأذن له ([2])

متفق عليه ، وتحريم ذلك ليس بمجرد أن يطلب المسلم المرأة يحرم عليك طلبها، بل بأن يُصَرَّح له بالقبول، أو تدل علامات عليه، ولم يأذن لأحد بخطبتها، ولا ترك هو ذلك

وهذا النهي فيما لو كان الخاطب رجلاً مسلماً؛ لأن النبي ﷺ قال 

 ولا يخِطب على خِطبة أخيه ([3])

فليس داخلاً في النهي الكافر؛ اليهودي والنصراني إذا طلبا امرأة يهودية أو نصرانية وأراد المسلم أن يتزوجها، فلا يقال له لا تخطب على خطبة اليهودي أو النصراني؛ لأنّه ليس أخاً له

والنهي عن خطبة الرجل على خطبة أخيه المسلم لئلا تحدث العداوة والبغضاء في قلوب المسلمين بعضهم على بعض، وهذا المعنى غير موجود في اليهودي والنصراني فيختص بالمسلم وليس في ذلك حق لغير المسلم حتى يُحترم

وأمّا قولنا بأنّه ليس بمجرد أن يطلب الرجل المرأة يَحرُم على الآخر أن يطلبها؛ فقلنا هذا جمعاً بين حديثين

الأول 

 ولا يخطِب على خِطبة أخيه حتى ينكح أو يترك

والثاني

ما جاء في «صحيح مسلم»: أن فاطمة بنت قيس بعدما طلّقها زوجها قال لها النبي ﷺ

 إذا حللت فآذنيني

 فجاءته وأخبرته أنّ معاوية وأبا جهم خطباها، ومع علمه بذلك، بعد أن أعلمته أنّ معاوية وأبا جهم خطباها، قال لها ﷺ

 أما معاوية فصعلوكٌ لا مال له، وأمّا أبو جهم فلا يضع العصا عن عاتقه -يعني: يكثر من ضرب النساء- انكحي أسامة بن زيد ([4])

فحصلت الخِطبة من النبي ﷺ لأسامة بن زيد ، فجمعنا بين الحديثين بأن قلنا: إن النهي عن الخِطبة على خطبة المسلم إنما يكون في حال أن المرأة خُطِبَت للأول وركنت إليه وقبلت به، أما إذا خُطِبت - مجرد طلب - بدون أن تركن إلى الرجل الذي طلبها وتقبل به، فيجوز للآخر أن يخطبها. والله أعلم هذه خلاصة الفتوى

قال الترمذي في جامعه (1134): قال مالك بن أنس: إنما معنى كراهية أن يخطب الرجل على خطبة أخيه: إذا خطب الرجل المرأة فرضيت به فليس لأحد أن يخطب على خطبته

وقال الشافعي: معنى هذا الحديث لا يخطب الرجل على خطبة أخيه هذا عندنا: إذا خطب الرجل المرأة فرضيت به وركنت إليه فليس لأحد أن يخطب على خطبته، فأما قبل أن يُعلم رضاها أو ركونها إليه فلا بأس أن يخطبها

والحجة في ذلك حديث فاطمة بنت قيس حيث جاءت النبي صلى الله عليه وسلم فذكرت له أن أبا جهم بن حذيفة ومعاوية بن أبي سفيان خطباها، فقال: أما أبو جهم فرجل لا يرفع عصاه عن النساء، وأما معاوية فصعلوك لا مال له، ولكن انكحي أسامة

فمعنى هذا الحديث عندنا -والله أعلم- : أن فاطمة لم تخبره برضاها بواحد منهما، ولو أخبرته لم يشر عليها بغير الذي ذكرت. انتهى

وقال ابن المنذر في الأوسط (8/ 240): وقوله: "لا يخطب أحدكم على خطبة أخيه " نهيا عن أن يخطب الرجل على خطبة أخيه المسلم، وإباحة أن يخطب على خطبة اليهودي والنصراني؛ لأن الأمور كانت على الإباحة حتى نهى النبي صلى الله عليه وسلم عن أن يخطب المرء على خطبة أخيه، فوقع النهي على خطبة المسلم، وثبتت الإباحة التي كانت قبل النهي في الخطبة على من ليس بأخ للمسلم. قال الله: {إنما المؤمنون إخوة} الآية. انتهى وانظر (8/ 244)

وقال النووي رحمه الله في شرح صحيح مسلم (9/ 197): هذه الأحاديث ظاهرة في تحريم الخطبة على خطبة أخيه، وأجمعوا على تحريمها إذا كان قد صُرِّح للخاطب بالإجابة ولم يأذن ولم يترك

فلو خطب على خطبته وتزوج والحالة هذه عصى وصح النكاح ولم يفسخ، هذا مذهبنا ومذهب الجمهور، وقال داود: يفسخ النكاح، وعن مالك روايتان كالمذهبين، وقال جماعة من أصحاب مالك: يفسخ قبل الدخول لا بعده

أما إذا عُرِّض له بالإجابة ولم يُصرح ففي تحريم الخطبة على خطبته قولان للشافعي، أصحهما: لا يحرم، وقال بعض المالكية: لا يحرم حتى يرضوا بالزوج ويسمى المهر، واستدلوا لما ذكرناه من أن التحريم إنما هو إذا حصلت الإجابة بحديث فاطمة بنت قيس، فإنها قالت: خطبني أبو جهم ومعاوية ، فلم ينكر النبي صلى الله عليه وسلم خطبة بعضهم على بعض، بل خطبها لأسامة، وقد يُعترض على هذا الدليل فيقال: لعل الثاني لم يعلم بخطبة الأول، وأما النبي صلى الله عليه وسلم فأشار بأسامة لا أنه خطب له ، واتفقوا على أنه إذا ترك الخطبة رغبة عنها وأذن فيها جازت الخطبة على خطبته وقد صرح بذلك في هذه الأحاديث

وقوله صلى الله عليه وسلم: "على خطبة أخيه"، قال الخطابي وغيره ظاهره اختصاص التحريم بما إذا كان الخاطب مسلماً، فإن كان كافراً فلا تحريم، وبه قال الأوزاعي، وقال جمهور العلماء: تحرم الخطبة على خطبة الكافر أيضاً، ولهم أن يجيبوا عن الحديث بأن التقييد بأخيه خرج على الغالب، فلا يكون له مفهوم يعمل به؛ كما في قوله تعالى {ولا تقتلوا أولادكم من إملاق}، وقوله تعالى {وربائبكم اللاتي في حجوركم من نسائكم}، ونظائره

واعلم أن الصحيح الذي تقتضيه الأحاديث وعمومها: أنه لا فرق بين الخاطب الفاسق وغيره، وقال ابن القاسم المالكي: تجوز الخطبة على خطبة الفاسق. انتهى

([1]) أخرجه البخاري (5143) من حديث أبي هريرة رضي الله عنه
([2]) أخرجها البخاري (5142)، ومسلم (1412) من حديث ابن عمر رضي الله عنه
([3]) تقدم تخريجه
([4]) أخرجه مسلم 1480) من حديث فاطمة بنت قيس رضي الله عنها

رقم الفتوى : 4590

تاريخ الإضافة: 14 شعبان 1441

Cheikh Abou Al-Hassan 'Ali Al-Ramly - الشيخ أبو الحسن علي الرملي