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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 23:06
Autour de la question concernant la prière derrière les innovateurs et dans leurs mosquées

Le noble Cheikh et Imaam °Abdal°Azîz ibn °Abdillaah ibn Baaz -qu'Allaah lui fasse miséricorde- fut interrogé en ces termes:

 

"Quel est le jugement au sujet de celui qui réside dans un pays dont les habitants sont de fervents adeptes de l'innovation [religieuse. ar.:al bid°ah], est-il correct qu'il prie avec eux la prière du Vendredi [ar.: al jumu°ah]et les [autres] prières en groupes ou bien doit-il prier tout seul, ou se voit-il dispensé de l'obligation d'effectuer la prière du Vendredi?

 

Et si le nombre des partisans de la Sunnah [ar.: ahl us sunnah] dans un pays est inférieur à 12 personnes, l'accomplissement de la prière du Vendredi leur est-il obligatoire ou non?"

 

La réponse du Cheikh -qu'Allaah lui fasse miséricorde-:

 

"Certes l'accomplissement de la prière du Vendredi est une obligation, et ce, derrière tout imaam, pieux soit-il ou pervers.

 

Si l'imaam qui guide la prière du Vendredi se rend coupable d'une innovation [ar.: bid°ah] qui ne l'exclut pas de l'Islaam, alors la prière s'effectue derrière lui.

 

L'Imaam Abû Ja°far At Tahaawî  -qu'Allaah lui fasse miséricorde- dit dans sa célèbre épître sur la croyance (1) [ar.: al °aqîdah]:

 

(et nous sommes d'avis que la prière s'effectue derrière tout individu, pieux ou pervers, tant que celui-ci est musulman [ar.:min ahl al qiblah], de même que la prière mortuaire s'effectue sur quiconque meurt parmi eux) fin de sa parole.

 

Le commentateur de cette épître, qui est un des savants vérificateurs (2) [ar.: min al °ulamaa' al muhaqqiqîn], dit en commentant cette phrase:

 

"Le Prophète -qu'Allaah fasse ses éloges et lui accorde le salut- dit:

 

(priez derrière quiconque, qu'il soit pieux ou pervers)

 

ceci est relaté par Makhûl qui le rapporte d'Abû Hurayrah -qu'Allaah soit satisfait de lui- et est recensé par Ad Daaraqutnî qui dit: Makhûl n'a jamais rencontré Abû Hurayrah, de même, il se trouve dans sa chaîne de transmission quelqu'un du nom de Mu°aawiyyah ibn Saalih qui fait l'objet de critiques, bien que Muslim l'ait accepté en tant que rapporteur dans son recueil authentique [ar.: As Sahîh].

 

Ad Daaraqutnî a également recensé, ainsi qu'Abû Daawûd, un autre récit, toujours relaté par Makhûl qui le rapporte d'Abû Hurayrah -qu'Allaah soit satisfait de lui- qui dit: le Messager d'Allaah -qu'Allaah le couvre de Ses éloges et lui accorde le salut- a dit :

 

(La prière vous est obligatoire avec tout musulman, qu'il soit pieux ou pervers, même s'il commet de grands péchés. Et le Jihaad vous est obligatoire avec tout dirigeant, qu'il soit pieux ou pervers, même s'il commet de grands péchés).

 

Et Al Bukhaarî a cité dans son recueil authentique [ar.: As Sahîh] que °Abdullaah ibn °Umar -qu'Allaah soit satisfait de lui et de son père- priait derrière Al Hajjaaj ibn Yûssuf Ath Thaqafî, de même que priait derrière celui-ci Anas ibn Maalik, malgrès le fait qu'Al Hajjaaj était pervers et auteur d'injustices.

 

Et, toujours dans son recueil authentique, Al Bukhaarî relate que le Prophète -que les éloges et le salut d'Allaah soient sur lui- a dit:

 

(ils [les imaams] guident votre prière, s'ils agissent de manière correcte, alors vous parvient la récompense de votre prière [ainsi qu'à eux], et s'ils sont fautifs, alors à vous la récompense de la prière et sur eux revient leur méfait.).

 

Et d'après °Abdullaah ibn °Umar -qu'Allaah soit satisfait de lui- le Messager d'Allaah -qu'Allaah le couvre de Ses éloges et lui accorde Son salut- a dit:

 

(priez derrière celui qui dit la ilaaha illaAllaah [nul ne mérite d'être adoré à part Allaah] et priez sur celui qui meurt parmi les partisans de laa ilaaha illaAllaah)

 

ce dernier récit est recensé par Ad Daaraqutnî selon diverses voies de transmissions qu'il a toutes jugées faibles.

 

Sache -qu'Allaah te fasse miséricorde ainsi qu'à nous-mêmes- qu'il est permis à l'homme de prier derrière celui dont il ignore s'il commet des innovations ou des péchés et ceci à l'unanimité des savants, et il n'incombe pas à celui qui est guidé dans sa prière de connaître la croyance de son imaam, ni ne lui incombe de le mettre à l'épreuve en lui demandant: quelle est ta croyance? Au contraire, il effectue sa prière derrière celui dont la situation est ignorée [rien n'apparaît ouvertement concernant son cas.].

 

Et s'il est amené à prier derrière un innovateur qui appelle à son innovation et en fait la promotion, ou derrière un pervers qui commet ouvertement ses péchés, et que celui-ci est l'imaam nommé et désigné, sans qu'il ne lui soit possible de prier si ce n'est derrière lui, comme l'imaam de la prière du Vendredi, ou des deux fêtes [ar.: al °îdayn], ou encore l'imaam durant le pélerinage à °Arafah...ou dans d'autres cas semblables, alors, dans ce cas-là, la personne effectue sa prière derrière lui, tel est l'avis de la grande majorité des anciens [ar.: as salaf] et des contemporains [ar.: al khalaf].

 

De même que celui qui délaisse la prière en groupe, ou la prière du Vendredi, derrière cet imaam pervers est considéré comme innovateur [ar.: mubtadi°] par la plupart des savants, tout comme l'avis correct stipule qu'il effectue la prière sans avoir à la refaire par la suite.

 

Ceci, car les compagnons [ar.: as sahaabah] accomplissaient la prière du Vendredi et la prière en groupe derrière les imaams pervers sans la refaire ultérieurement, à l'instar de °Abdullaah ibn °Umar -qu'Allaah soit satisfait de lui- qui priait derrière Al Hajjaaj ibn Yûssuf, de même que Anas ibn Maalik -qu'Allaah soit satisfait de lui-, comme nous l'avons déjà cité précédemment.

 

C'est aussi le cas de °Abdullaah ibn Mas°ûd -qu'Allaah soit satisfait de lui-, et d'autres, qui priaient derrière Al Walîd ibn °Uqbah ibn Abî Mu°ayt, alors que celui-ci était connu pour sa consommation d'alcool.

 

Il en arriva par ailleurs, un jour, à effectuer avec eux la prière du matin [ar.: subh] en quatre unités [ar.: rak°aat],  pour ensuite leur dire: "je vous en rajoute?",  alors Ibn Mas°ûd lui répliqua: "nous ne cessons d'être dans le rajout avec toi aujourd'hui!".

 

En outre, il est rapporté dans le récit authentique: lorsque °Uthmaan -qu'Allaah soit satisfait de lui- s'est retrouvé assiégé, un homme prit la guidance de la prière.

 

Quelqu'un interrogea alors °Uthmaan en lui disant:

 

"tu es certes l'imaam du groupe [à la tête du peuple et reconnu comme tel] alors que celui qui nous a guidé en prière est un imaam perturbateur [fauteur de trouble]."

 

Uthmaan lui dit: "Ô mon neveu! Sans aucun doute, la prière est parmi les meilleures oeuvres que les gens puissent accomplir.

S'ils se montrent ainsi bienfaisants, joins-toi donc à eux dans cette bienfaisance, et lorsqu'ils se montrent malfaisants, alors évitent leur malfaisance et éloigne-t'en!"

 

La prière du pervers, ainsi que celle de l'innovateur, est en soi valide, si donc quelqu'un vient à prier derrière lui, sa prière à lui ne peut à son tour s'en trouver annulée.

 

Cependant, la raison qui a poussé certains à détester le fait de prier derrière ceux-ci [le pervers et l'innovateur] n'est autre que le caractère obligatoire que revêt l'injonction du convenable et la réprobation du blâmable.

 

Et parmi les manières de s'acquitter de cette obligation, sans aucun doute, se trouve le fait de ne pas permettre que celui qui manifeste une innovation ou une perversité soit désigné en tant qu'imaam pour les musulmans.

 

En effet, un tel individu mérite plutôt d'être réprimandé afin qu'il se repente, et s'il est possible de le mettre en quarantaine [s'isoler de lui. Ar.: hajruhu], alors ceci est une bonne chose.

 

De même, si le fait que certaines personnes délaissent la prière derrière lui, pour prier derrière quelqu'un d'autre, a un impact contribuant à la réprobation du blâmable, de sorte que cela l'incite à se repentir, ou que cela entraîne le fait qu'il soit démis de sa fonction d'imaam ou encore, que cela dissuade les gens de commettre son péché; si de telles personnes délaissent la prière derrière lui, tout cela constitue certes un bénéfice encouragé et préconisé par la législation.

 

D'autant plus que, dans un tel cas, la personne n'est pas amenée à laisser la prière en groupe lui échapper, ni celle du Vendredi.

 

Par contre, si délaisser la prière derrière lui [l'innovateur ou le pervers] implique de laisser s'échapper la prière du Vendredi ou la prière en groupe, alors celui qui délaisse la prière derrière lui, dans ce cas, n'est autre qu'un innovateur [ar.: mubtadi° ], allant à l'encontre de la voie des compagnons -qu'Allaah soit satisfait d'eux-. Aussi, s'il se trouve qu'un tel imaam ait été désigné par des responsables, et qu'il n'y a dans le fait de délaisser la prière derrière lui aucun profit ni bénéfice encouragé par la législation, alors la prière derrière celui-ci ne doit pas être délaissée, nous dirons même qu'à ce moment-là, la prière derrière lui est préférable.

 

S'il est, en outre, dans la capacité de la personne d'empêcher quiconque manifeste ouvertement le blâmable de prendre la position d'imaam, alors ceci lui est certes obligatoire.

 

Par contre, si ce dernier fut désigné par quelqu'un d'autre, sans que rien ne lui permette de l'écarter de la position d'imaam, ou bien sans que cela ne lui soit possible si ce n'est qu'en engendrant un dégât plus important que le dégât déjà effectif et présent dans la manifestation ouverte de celui-ci du blâmable, ici, il n'est certes pas permis de repousser le moindre mal au moyen de ce qui représente un mal plus important, ni de repousser la moins importante, parmi deux nuisances, en provoquant la plus importante d'entre-elles.

 

Tout ceci, car les règles de la législation ont certes été établies avec pour but de réaliser les profits et les compléter, et de faire disparaître les torts et les amoindrir, autant que faire se peut. Ainsi, le fait de laisser s'échapper la prière du Vendredi, et les prières en groupe, représente certes un tort plus important que le fait de les effectuer sous la guidance d'un pervers, et ceci, à fortiori lorsque le fait de s'y absenter ne repousse aucun mal, car alors, cela représente la stricte annulation du profit visé par la législation sans même que cela ne repousse le tort présent [engendré par la guidance du pervers ou de l'innovateur].

 

Quant au cas dans lequel il est possible d'accomplir les prières du Vendredi et le restant des prières en groupe derrière un [imaam] pieux, ceci prévaut au fait de les accomplir derrière un [imaam] pervers et est à privilégier.

 

Prier, dans un tel cas, derrière le pervers sans excuse, est le point sur lequel les savants, dans leur effort respectif de compréhension, divergent: parmi eux, certains soutiennent l'avis que la personne se doit de réitérer [sa prière], d'autres, quant à eux, disent qu'il n'a pas à [la] recommencer.

 

Les détails à propos de cette question se trouvent dans les livres traitant des règles de la législation islamique."

 

ici s'achève la parole du commentateur (3).

 

[Après cette longue citation, la parole est maintenant celle du Cheikh Ibn Baaz] Et par rapport à ce dernière question, l'avis le plus correct est qu'il ne lui incombe pas de réitérer [sa prière], ceci compte tenu des preuves citées précédemment, et également car la règle veut qu'en principe [la prière] n'a pas à être réitérée, et il n'est donc pas permis d'imposer à quiconque sa réitération sans preuve claire stipulant explicitement cela et le rendant obligatoire. Et il n'existe, à notre connaissance, aucune preuve à ce sujet.

 

Et Allaah est Celui qui accorde la réussite.

 

Enfin, concernant votre seconde question, nous y répondrons comme suit: ce sujet est certes l'objet de divergences connues entre les gens de science, et l'avis correct stipule qu'il est permis d'établir la prière du Vendredi à partir de trois personnes et plus, si ceux-ci sont résidants dans une contrée où nul n'établit cette prière.

 

Quant à émettre comme condition le fait qu'ils doivent être quarante ou douze, soit moins soit plus, afin de pouvoir établir la prière du Vendredi, nous ne connaissons aucune preuve valable pour appuyer ceci.

 

La seule obligation est de veiller à ce que cette prière soit effectuée en groupe, et l'effectif minimum constituant un groupe est trois personnes. Il s'agit de l'avis d'un ensemble de gens de science, c'est aussi pour celui-ci qu'a opté Cheikh al Islaam Ibn Taymiyyah, et il représente l'avis correct, comme nous l'avons déjà mentionné."

 

(1) Cette célèbre épître est généralement connue sous le nom de "Al °Aqîdah At Tahaawiyyah" ou simplement "At Tahaawiyyah"

(2) Il s'agit de l'Imaam °Alî ibn °Alî ibn Muhammad ibn Abî Al °Izz Al Hanafî Ad Dimashqî (731-792 h.)

(3) Cette citation de l'Imaam ibn Abî Al °Izz Al Hanafî est telle un résumé d'une parole de Cheikh Al Islaam Ibn Taymiyyah, reprenant parfois les formulations exactes de celui-ci telles que l'on peut les trouver dans "Majmû° Fataawaa Cheikh al Islaam" v.23/p.342-345.

 

voir également sur le même sujet dans le même ouvrage: v.3/p.280-281, 286-288.

 

Cette fatwa fut publiée dans le journal de l'Université Islamique de Médine, n°4 de la quatrième année. Elle se trouve également au sein du recueil des fataawaa du Cheikh °Abdul°azîz ibn Baaz, vol.4.

 

حكم الصلاة مع المتمسكين بالبدعة

ما حكم المقيم في بلد أهله متمسكون بالبدعة هل يصح له أن يصلي معهم صلاة الجمعة والجماعة أو يصلي وحده أو تسقط عنه الجمعة ، وإذا كان أهل السنة ببلد أقل من اثني عشر فهل تصح لهم الجمعة أم لا ؟

إن إقامة صلاة الجمعة واجبة خلف كل إمام بر أو فاجر ، فإذا كان الإمام في الجمعة لا تخرجه بدعته عن الإسلام فإنه يصلى خلفه ، قال الإمام أبو جعفر الطحاوي رحمه الله في عقيدته المشهورة : ( ونرى الصلاة خلف كل بر وفاجر من أهل القبلة وعلى من مات منهم ) انتهى ، قال الشارح لهذه العقيدة وهو من العلماء المحققين في شرح هذه الجملة : قال صلى الله عليه وسلم ((صلوا خلف كل بر وفاجر)) رواه مكحول عن أبي هريرة رضي الله عنه وأخرجه الدارقطني وقال : مكحول لم يلق أبا هريرة ، وفي إسناده معاوية بن صالح متكلم فيه وقد احتج به مسلم في صحيحه ، وخرجه الدارقطني أيضا وأبو داود عن مكحول عن أبي هريرة رضي الله عنه قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم ((الصلاة واجبة عليكم مع كل مسلم برا كان أو فاجرا وإن عمل بالكبائر والجهاد واجب عليكم مع كل أمير برا كان أو فاجرا وإن عمل الكبائر)) وفي صحيح البخاري أن عبد الله بن عمر رضي الله عنهما كان يصلي خلف الحجاج بن يوسف الثقفي وكذا أنس بن مالك ، وكان الحجاج فاسقا ظالما ، وفي صحيحه أيضا أن النبي صلى الله عليه وسلم قال : ((يصلون لكم فإن أصابوا فلكم وإن أخطئوا فلكم وعليهم)) وعن عبد الله بن عمر رضي الله عنه أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال : ((صلوا خلف من قال لا إله إلا الله ، وصلوا على من مات من أهل لا إله إلا الله)) أخرجه الدارقطني من طرق وضعفها . 

اعلم رحمك الله وإيانا أنه يجوز للرجل أن يصلي خلف من لم يعلم منه بدعة ولا فسقا باتفاق الأئمة وليس من شرط الائتمام أن يعلم المأموم اعتقاد إمامه ولا أن يمتحنه فيقول : ماذا تعتقد ؟ بل يصلي خلف المستور الحال ، ولو صلى خلف مبتدع يدعو إلى بدعته أو فاسق ظاهر الفسق وهو الإمام الراتب الذي لا يمكنه الصلاة إلا خلفه كإمام الجمعة والعيدين والإمام في صلاة الحج بعرفة ونحو ذلك - فإن المأموم يصلي خلفه عند عامة السلف والخلف ، ومن ترك الجمعة والجماعة خلف الإمام الفاجر فهو مبتدع عند أكثر العلماء ، والصحيح أنه يصليها ولا يعيدها ، فإن الصحابة رضي الله عنهم كانوا يصلون الجمعة والجماعة خلف الأئمة الفجار ولا يعيدون ، كما كان عبد الله بن عمر رضي الله عنه يصلي خلف الحجاج بن يوسف وكذلك أنس بن مالك رضي الله عنه كما تقدم ، وكذلك عبد الله بن مسعود رضي الله عنه وغيره يصلون خلف الوليد بن عقبة بن أبي معيط وكان يشرب الخمر ، حتى إنه صلى بهم الصبح مرة أربعا ثم قال : أزيدكم . فقال له ابن مسعود : ( ما زلنا معك منذ اليوم في زيادة ) وفي الصحيح أن عثمان رضي الله عنه لما حصر صلى بالناس شخص ، فسأل سائل عثمان إنك إمام عامة وهذا الذي صلى بالناس إمام فتنة فقال : ( يا ابن أخي إن الصلاة من أحسن ما يعمل الناس ، فإذا أحسنوا فأحسن معهم وإذا أساءوا فاجتنب إساءتهم ) . 

والفاسق والمبتدع صلاته في نفسها صحيحة ، فإذا صلى المأموم خلفه لم تبطل صلاته ، لكن إنما كره من كره الصلاة خلفه . لأن الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر واجب . 

ومن ذلك : أن من أظهر بدعة وفجورا لا يرتب إماما للمسلمين فإنه يستحق التعزير حتى يتوب ، فإن أمكن هجره حتى يتوب كان حسنا وإذا كان بعض الناس إذا ترك الصلاة خلفه وصلى خلف غيره أثر ذلك في إنكار المنكر حتى يتوب أو يعزل أو ينتهي الناس عن مثل ذنبه ، فمثل هذا إذا ترك الصلاة خلفه كان في ذلك مصلحة شرعية ولم تفت المأموم جمعة ولا جماعة . 

وأما إذا كان ترك الصلاة خلفه يفوت المأموم الجمعة والجماعة فهنا لا يترك الصلاة خلفه إلا مبتدع مخالف للصحابة رضي الله عنهم ، وكذلك إذا كان الإمام قد رتبه ولاة الأمور وليس في ترك الصلاة خلفه مصلحة شرعية فهنا لا يترك الصلاة خلفه بل الصلاة خلفه أفضل . 

فإذا أمكن للإنسان أن لا يقدم مظهرا للمنكر في الإمامة وجب عليه ذلك ، لكن إذا ولاه غيره ولم يمكنه صرفه عن الإمامة ، أو كان لا يتمكن من صرفه عن الإمامة إلا بشر أعظم ضررا من ضرر ما أظهر من المنكر فلا يجوز دفع الفساد القليل بالفساد الكثير ولا دفع أخف الضررين بحصول أعظمهما ، فإن الشرائع جاءت بتحصيل المصالح وتكميلها وتعطيل المفاسد وتقليلها بحسب الإمكان ، فتفويت الجمع والجماعات أعظم فسادا من الاقتداء فيهما بالإمام الفاجر ، لا سيما إذا كان التخلف عنها لا يدفع فجورا فيبقى تعطيل المصلحة الشرعية بدون دفع تلك المفسدة . 

وأما إذا أمكن فعل الجمعة والجماعة خلف البر فهذا أولى من فعلها خلف الفاجر ، وحينئذ فإذا صلى خلف الفاجر من غير عذر فهو موضع اجتهاد العلماء ، منهم من قال يعيد ، ومنهم من قال لا يعيد ، وموضع بسط ذلك في كتب الفروع . انتهى كلام الشارح . والأقرب في هذه المسألة الأخيرة عدم الإعادة للأدلة السابقة . ولأن الأصل عدم وجوب الإعادة فلا يجوز الإلزام بها إلا بدليل خاص يقتضي ذلك ، ولا نعلم وجوده والله الموفق . 

وأما السؤال الثاني : فجوابه أن يقال : هذه المسألة فيها خلاف مشهور بين أهل العلم ، والصواب في ذلك : جواز إقامة الجمعة بثلاثة فأكثر إذا كانوا مستوطنين في قرية لا تقام فيها الجمعة ، أما اشتراط أربعين أو اثني عشر أو أقل أو أكثر لإقامة الجمعة فليس عليه دليل يعتمد عليه فيما نعلم ، وإنما الواجب أن تقام في جماعة وأقلها ثلاثة وهو قول جماعة من أهل العلم واختاره شيخ الإسلام ابن تيمية رحمه الله وهو الصواب كما تقدم . 

نشرت بمجلة الجامعة الإسلامية بالمدينة العدد الرابع السنة الرابعة- مجموع فتاوى ومقالات متنوعة الجزء الرابع

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Le noble Cheikh et érudit Rabî° ibn Haadî ibn °Umayr Al Madkhalî -qu'Allaah le préserve- fut aussi interrogé en ces termes:

 

"Quel est le jugement concernant le fait de prier dans une mosquée des partisans de l'innovation [ar.: ahl al bida°], et comment effectuer la prière dans le cas où nous ne trouvons pas de mosquée tenue par des partisans de la Sunnah [ar.: ahl as Sunnah] dans ce village, et ma prière est-elle valide si je prie chez moi, en compagnie de mon épouse ?"

 

Voici la réponse du Cheikh -qu'Allaah le préserve-:

 

"Non, s'il y a une mosquée alors prie dans celle-ci (1), même avec des partisans de l'innovation [ar.: ahl al bida°].

 

Ibn °Umar -qu'Allaah soit satisfait de lui- a prié derrière Najdah le Khaarijî [adepte d'une secte innovée appelée firqat al khawaarij], et [l'Imaam] Al Bukhaarî s'est servi de ce fait et l'a fait valoir dans son argumentation.

 

En outre, la prière en groupe est une affaire d'une extrême importance, elle ne doit en aucun cas être délaissée pour ce genre de raison.

 

Ensuite, [il faut savoir que] parmi les partisans de l'innovation se trouvent des gens dont la situation n'apparaît pas [ils ne manifestent pas ouvertement leur innovation].

 

Si tel est le cas, alors prie derrière lui, et s'il t'apparaît qu'il est innovateur, expose-lui la vérité.

 

-Et dans le cas où son innovation représente une mécréance [ar.: bid°ah kufriyyah] et qu'il persiste et refuse de l'abandonner, alors ne prie pas derrière lui, car après que la preuve lui ait clairement été exposée il devient mécréant.

 

Autrement dit, il commet une innovation qui rend son auteur mécréant, [par exemple:] il invoque autre qu'Allaah, il sacrifie pour autre qu'Allaah, il implore le secours d'autre qu'Allaah, il nie les attributs [d'Allaah]... il commet une quelconque innovation [parmi celles] qui engendre la mécréance de son auteur, et toi tu as débattu avec lui sur le sujet, et tu lui as éclairci la vérité en te basant sur les paroles d'Allaah, les paroles de Son Messager -que les éloges d'Allaah soient sur lui ainsi que Son salut- et les paroles des anciens [ar.: as salaf], puis lui ne fait que persister et s'entêter, à ce moment-là, ne prie pas derrière lui.

 

-Quant au cas dans lequel il ne manisfeste pas son innovation et qu'il ne se rend pas coupable de ce genre d'innovations, [celles] qui excluent leur auteur de l'Islaam et l'entraînent dans l'égarement, alors prie derrière lui." 

 

 

السؤال: ما حكم الصلاة في مسجد أهل البدع وكيف أصلي إذا ما وجدنا مسجدا لأهل السنة في هذه القرية، وهل تصح الصلاة إذا صليت مع زوجتي في بيتي ؟

الـجــواب: لا؛ إذا كان يوجد مسجد صلّ فيه ولو مع أهل البدع،كان ابن عمر رضي الله عنه يصلي وراء نجدة الخارجي واستشهد بذلك البخاري

والجماعة أمر عظيم لا تُتْرك لمثل هذا، ثم أهل البدع منهم المستور، فإذا كان مستورا فأنت صلّ وراءه وإذا تبين لك أنه مبتدع بيِّن له الحق وإذا كانت بدعته كفرية وأصرّ عليها فلا تصلّ وراءه لأنه بعد قيام الحجة يكفر؛ يعني عنده بدعة مكفِّرة، يدعو غير الله ويذبح لغير الله ويستغيث بغير الله، يعطِّل الصفات، عنده شيء من البدع المكفرة وناظرته وبينت له الحق من كلام الله وكلام رسوله وكلام السلف فأصر وعاند فحينئذ لا تصلّ وراءه، أما وهو مستور وليس عنده هذه البدع المكفِّرة والضالة فصل وراءه

 

(1) Ici, il me paraît pertinent de citer d'autres éléments sur lesquels le Cheikh lui-même a attiré l'attention et insisté dans une autre fatwaa.

Ceci lorsqu'il fut interrogé sur le jugement concernant le fait de prier dans une mosquée tenue par des soufis [qui comptent incontestablement parmi les partisans de l'innovation!], le Cheikh a alors débuté sa réponse par une question en disant: "Y a-t-il une tombe dans la mosquée? S'il y a une tombe dans la mosquée, qu'il n'y prie pas! Dans le cas où il n'y a pas de tombe et qu'il ne trouve pas de mosquée tenue par des partisans de la Sunnah, alors il se doit d'y prier tout en mettant en garde les gens du commun contre leurs innovations, car ceux-ci peuvent être trompés en le voyant prier avec eux [c.-à-d: avec les soufis]. Dis-leur par exemple: prie et sors aussitôt, et ne prête pas l'oreille à leurs innovations!..."

 

Traduction et notes de bas de page réalisées par Abû Ismaa°îl Daawûd Al Andalussî

(03/1434 h. - 02/2013 g.)

copié de sounnah-publication.com

 

Cheikh 'Abdel-'Azîz Ibn 'Abdi-llâh Ibn Bâz - الشيخ عبدالعزيز بن عبدالله بن باز

Cheikh Rabi’ ibn Hadi ‘Oumayr al-Madkhali - الشيخ ربيع بن هادي المدخلي

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