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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 09:23
Des ambiguïtés concernant la révolte contre le gouverneur injuste suivi de leurs réponses (dossier)

Louange à Allâh seul, et que la prière et le salut soit sur celui dont il n'y a pas de prophète après lui, notre prophète Mohamed صلى الله عليه وسلم.

 

Ceci est un début dans le groupe «Ahl al Hadith wa al-Athar» dans lequel nous citerons certaines ambiguïtés sur le fait de sortir contre le gouverneur injuste, ainsi que les réponses à celles-ci.

Ce premier écrit concernera 4 ambiguïtés avec leurs réponses,

qui sont les suivantes 

 

1ère ambiguïté :

 

Leur argumentation avec la parole d'Allâh (traduction rapprochée) : «et ceux qui, atteints par l'injustice, ripostent.» (42 /39) et Sa parole (traduction rapprochée) : «Donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression égale» (2/194), ainsi que Sa parole (traduction rapprochée) : «La sanction d'une mauvaise action est une mauvaise action [une peine] identique» (42/40), et tous versets allant dans le même sens.

 

2ème ambiguïté :

 

Leur argumentation avec le hadith rapporté par Mouslim, d'après Abou Sa'ïd Al-Khudri le Messager d'Allâh صلى الله عليه وسلم a dit : «Quiconque parmi vous voit un mal, alors qu'il le change de sa main, s'il ne peut pas, alors de sa langue, s'il ne peut pas, alors de son cœur et cela est le plus bas degrés de la foi».

Ils ont dit : Ceci prouve la permission de changer le mal de sa main, et ce même lorsque cela concerne le Sultan, si l'on en a la capacité.

 

3ème ambiguïté :

 

Leur argumentation avec le hadith : «Il y aura des émirs après moi qui diront ce qu'ils ne feront pas, et feront ce qu'il ne leur a pas été commandé, quiconque donc, les combattra de sa main sera croyant, et quiconque les combattra de sa langue sera croyant.»

 

4ème ambiguïté :

 

Ils ont dit : «La révolte contre les gouverneurs injustes est la voie de certains prédécesseurs».

La réponse à ces ambiguïtés

 

La 1ère ambiguïté :

 

Ces versets ont été détaillés par les textes concernant les gouverneurs injustes qui prouvent l'interdiction de sortir contre eux.

Le savantissime Ach-Chawkânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

«Sa parole : «et même si ton dos est frappé et que tes biens sont pris, écoute et obéis» prouve l'obligation d'obéir aux émirs, et ce même s'ils ont atteint un seuil de tyrannie et d'injustice au point de frapper ceux sous leur tutelle et de prendre leurs biens.

Cela vient donc donner des spécificités à la généralité des paroles d'Allâh (traduction rapprochée) : «Donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression égale» et (traduction rapprochée) «La sanction d'une mauvaise action est une mauvaise action [une peine] identique»

[Nayr Al Awtâr (7/207), édition : Dar Al Hadith - Égypte]

2ème ambiguïté :

 

Le très savant Ach-Chawkânî (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

«Sa parole : «celui qui a un dirigeant qu'il voit faire quelque chose de la désobéissance d'Allâh, alors qu'il déteste ce qu'il fait de désobéissance d'Allâh, mais qu'il ne retire jamais sa main de son obéissance», il y a en cela une preuve que celui qui déteste avec son cœur ce que fait le Sultan comme désobéissances, cela lui suffit et il ne lui est pas obligatoire d'en faire plus.»

[Nayr Al Awtâr (7/206)]

 

Il a aussi dit (qu'Allâh lui fasse miséricorde) :

«Ceux qui disent qu'il est obligatoire de sortir contre les gouverneurs injustes, de lutter et combattre contre eux à l'épée, ceux-là ont argumenté avec des généralités du livre et de la sounnah concernant l'obligation d'ordonner le convenable et d'interdire le blâmable.

Et il n'y a aucun doute que les hadiths que l'auteur, ainsi que moi-même, avons cité dans ce chapitre, sont plus précis que ces généralités, et ils contiennent de nombreux sens comme le sait toute personne proche de la science de la sounnah.»

3ème ambiguïté :

 

Leur argumentation avec ce qu'a rapporté ibn Hibbân dans son ''Sahîh'' ''chapitre : ''Attribuer le nom de la foi à celui qui possède une caractéristique de celle-ci'' (numéro: 177) et authentifié par Al Albani dans ''At-Ta3liqât al hassân 3alâ sahîh ibn Hibbân'' (numéro : 177).

3atâ' ibn yasâr (qui était le juge de Médine) a dit :

«J'ai entendu ibn Mas3ûd dire : Le Messager d'Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

«Il y aura des émirs après moi qui diront ce qu'ils ne feront pas, et feront ce qu'il ne leur a pas été commandé, quiconque donc, les combattra de sa main sera croyant, quiconque les combattra de sa langue sera croyant, et quiconque les combattra de son cœur sera croyant, point de foi après cela».

3Atâ' a dit : Lorsque j'ai entendu de lui le hadith, je suis allé voir Abdullah ibn Omar et l'en ait informé.

Il a alors dit : Ramène ibn Mas3ûd (il a dit cela comme si le hadith était falsifié).

3Atâ répondit : Il est malade, qu'est-ce qui t’empêche d'aller le voir ?

Ibn Omar dit : Alors viens le voir avec nous. 3Atâ dit : Je suis donc parti avec lui. Puis il le questionna sur ce dont il se plaint (concernant sa maladie), et ensuite sur le hadith.

Après cela, Abdullah ibn Omar sortit plein de regret en disant : Ibn Umm 3abd (ibn Mas3ûd) ne ment pas sur le Messager d'Allâh صلى الله عليه وسلم.»

 

Ils ont dit : Ibn Rajab (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

«Et cela est une preuve concernant le combat contre les émirs par la main».

[Jâmi3 al 3ulûm wa l-hikam (2/248)]

 

Et notre Cheikh Abdulaziz Ar-Râjihî (Qu'Allâh le préserve) a dit :

«Il y a dans cela, que fait partie de la foi, le combat contre les émirs par la langue et la main, et que réprouver le blâmable fait partie de la foi».

[Charh sahîh ibn Hibbân]

 

La réponse à cela se fait en plusieurs points :

 

1er point :

 

Le hadith est rapporté par Muslim d'après Abi Râfi3, selon Abdullah ibn Mas3ûd, le Messager d'Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

«Allâh n'a envoyé aucun prophète à une communauté, avant moi, sans qu'il n'ait de sa communauté des apôtres et des compagnons qui se conforment à sa sounnah et suivent son ordre. Ils seront ensuite succédés par des gens qui disent ce qu'ils ne font pas, et qui font ce qui ne leur a pas été ordonné.

Quiconque donc, les combattra de sa main sera croyant, quiconque les combattra de sa langue sera croyant, et quiconque les combattra de son cœur sera croyant, et il n'y a pas après ça ne serait-ce qu'une graine de moutarde de foi»

Abou Râfi3 a dit : Je l'ai cité à Abdullah ibn Omar et il l'a réprouvé.

Ensuite ibn Mas3ûd est arrivé et s'est installé à Qanât.

Abdullah ibn Omar m'a alors demandé de l'accompagner pour le visiter, je l'ai donc suivi.

Et lorsque nous nous sommes assis, j'ai questionné ibn Mas3ûd concernant ce hadith, il me l'a donc cité comme je l'ai cité à ibn Omar.

 

Et Sâlih a dit : «Il a certes été cité de la même manière d'après Abi Râfi3. Et Abu Bakr ibn ishâq ibn mohamed me l'a cité (comme suit) : Ibn Abi Mariam nous a informé que Abdulaziz ibn Mohamed a dit que Al Hârith ibn Al Fudayl Al KhaTmî l'a informé d'après Ja3far ibn Abdillah ibn Al Hakam, d'après Abdurrahmân ibn Al Miswar ibn Makhramah, d'après Abu Râfi3 l'affranchi du prophète صلى الله عليه وسلم, d'après Abdullah ibn Mas3ûd, le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit : «Il n'y a pas eu de prophète sans qu'il n'y est eu avec lui des apôtres qui suivent sa guidée et se conforment à sa sounnah...» (le hadith)».

Excepté qu'il n'a pas cité la venue d'ibn Mas3ûd et sa rencontre avec ibn Omar.

 

Et il n'y a pas, dans la version de l'imam Muslim, l'évocation des émirs, mais cela est venu seulement dans la version de l'imam Ahmed, dans son Musnad.

Et il n'y a pas été cité : «Quiconque donc, les combattra de sa main sera croyant, quiconque les combattra de sa langue sera croyant, et quiconque les combattra de son cœur sera croyant, et il n'y a pas après ça ne serait-ce qu'une graine de moutarde de foi».

Mais au contraire, l'imam Ahmed a réprouvé cette version, comme nous le trouvons dans ''Masâ'il Al imam Ahmed riwâyatu Abi Dâwud As-Sajistânî''.

L'imam Abu Dâwud (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : «J'ai entendu l'imam Ahmed citer un hadith de Sâlih ibn Kaysân d'après Al Hârith ibn Al Fudayl Al KhaTmî, d'après Ja3far ibn Abdillah ibn Al Hakam, d'après Abdurrahmân ibn Al Miswar ibn Makhramah, d'après Abu Râfi3, d'après Abdullah ibn Mas3ûd, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : «Il y aura des émirs qui disent ce qu'ils ne font pas, quiconque donc, les combat de par sa main».

L'imam Ahmed a dit : «Ce Ja3far est en fait Abu Abdelhamîd ibn Ja3far, et Al Hârith ibn Al Fudayl n'est pas loué pour son hadith».

Et cette parole ne correspond pas à celle d'ibn Mas3ûd qui a dit : «Le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit : «Patientez jusqu'à ce que vous me rencontriez... (jusqu'à la fin du hadith)».

Et ceci est ce qu'a cité Ahmed dans son Musnad : «D’après Abi Râfi3 qui a dit : ibn Mas3ûd m'a informé que le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

«Il n'y a certes jamais eu de prophète sans qu'il n'ait eu des apôtres parmi ses compagnons, ainsi que des compagnons qui suivent ses traces et se conforment à sa guidée.

Viendra ensuite après cela, des émirs qui divergeront, ils diront ce qu'ils n’appliqueront pas et feront ce qui ne leur a pas été ordonné».

 

2ème point :

 

Les hadiths sont venus avec l'ordre de patienter sur les dirigeants, et ce même s'ils sont dans un plus mauvais état que celui-ci.

 

1er hadith :

 

Rapporté par Muslim, d’après Umm Salamah l'épouse du prophète صلى الله عليه وسلم, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

«Viendront après moi des émirs dont vous agréerez certaines choses et en réprouverez d’autres. Celui donc qui déteste cela s’est innocenté, et celui qui les réprouve est préservé, mais [le péché] ne touche que celui qui les agrée et les suis.»

Les Compagnons dirent : «Ô Messager d’Allâh, Ne devons-nous pas les combattre ?»

Il répondit : «Non, tant qu’ils accomplissent la prière.» C-a-d celui qui déteste et réprouve par son coeur.

 

2ème hadith :

 

Rapporté par Muslim, Muslim ibn QaraDhah le cousin de 3awf ibn Mâlik Al Achja3iy a dit: j’ai entendu 3awf ibn Mâlik Al Achja3iy dire : J’ai entendu le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم dire :

«Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, ceux pour qui vous invoquez et qui invoquent pour vous.

Et les plus mauvais de vos gouverneurs sont ceux que vous détestez et qui vous détestent , ceux que vous maudissez et qui vous maudissent».

Nous avons dit : Ô Messager d'Allâh ! Ne devrions nous pas les combattre lorsque cela arrivera ?

Le prophète صلى الله عليه وسلم répondit : «Non ! Tant qu'ils accomplissent la prière, Non ! Tant qu'ils accomplissent la prière. N’est-ce pas que celui qui voit son dirigeant commettre une désobéissance à Allâh doit détester cette désobéissance et ne pas enlever une main de l'obéissance (à son gouverneur)».

 

Ibn Jâbir a dit : «J’ai dit à Ruzayq lorsqu’il m’a cité ce hadith : Par Allâh, Ô Aba Al Miqdâm t’a-t-on rapporté cela ou bien l’as-tu entendu de Muslim bn Qaradhah qui a dit : J’ai entendu 3awf dire : J’ai entendu le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم dire. Il s’est alors agenouillé en direction de la Qibla et a dit: Oui, par Allâh dont nulle divinité n’est digne d'être adorée si ce n’est Lui, je l’ai certes entendu de Muslim bn Qaradhah qui a dit : J’ai entendu 3awf bn Mâlik dire : J’ai entendu le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم.»

 

3ème hadith :

 

Rapporté par At-tirmidhi et authentifié par Al Albâni, d’après Ziyâd ibn Kusayb Al 3adawi qui a dit :

«J’étais avec Abu Bakrah devant le minbar de Ibn 3Âmir alors que celui-ci faisait son sermon ; il portait un vêtement léger.

Abou Bilal s’écria alors : Regardez notre gouvernant ! Il porte des vêtements de pervers !

Abou Bakrah lui répondit : Tais-toi ! J’ai entendu le Messager de d’Allâh صلى الله عليه وسلم dire : «Celui qui rabaisse le gouvernant qu’Allâh a placé sur terre, Allâh le rabaissera.»»

 

4ème hadith :

 

Rapporté par ibn Abi 3âsim dans “As-Sunnah” et authentifié par Al Albâni, d’après Churayh bn 3ubayd qui a dit : 3iyâd bn Ghanm a dit à Hichâm bn Hakîm : N’as-tu pas entendu la parole du Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم :

«Celui qui veut conseiller le dirigeant, qu'il ne le fasse pas en public mais qu'il le prenne plutôt par la main et qu'il s'isole avec lui. S'il accepte son conseil ceci est l'objectif et s'il refuse alors il aura accompli ce qui lui incombe.»

 

5ème hadith :

 

Rapporté par Muslim, Abu Dharr a dit :

«Mon grand ami - le prophète صلى الله عليه وسلم - m'a recommandé d'écouter et d'obéir même si le dirigeant est un esclave aux membres amputés.»

 

6ème hadith :

 

Rapporté par et Muslim, d’après Abu Hurayrah, le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

«Tu dois écouter et obéir dans ta gêne comme dans ton aisance, dans ce que tu aimes et dans ce que tu détestes, quand même tu es lésé dans le partage.»

 

7ème hadith :

 

Rapporté par Al Bukhâri et Muslim, d’après Abu Hurayrah, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

«Celui qui m'obéit obéit à Allâh et celui qui me désobéit a désobéi à Allâh. Celui qui obéit à son dirigeant m'a obéi et celui qui désobéit à son dirigeant m'a désobéi.»

 

8ème hadith :

 

Rapporté par Al Bukhâri et Muslim, d’après ibn 3omar, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

«Le musulman doit écouter et obéir dans ce qu'Il aime et ce qu'Il n'aime pas. Sauf si on lui commande de faire un péché, car si on lui commande de faire un péché, il n'y a ni écoute ni obéissance.»

 

9ème hadith :

 

Rapporté par Muslim, d’après Nâfi3 qui a dit: Abdullah ibn Omar est allé voir Abdullah ibn Mutî3 lorsque l’affaire d’Al Harrah était ce qu’elle était, à l’époque de Yazîd ibn Mu3âwiyah. Ibn Mutî3 a dit : Posez un coussin pour Abi Abderrahmân. Ibn 3omar répondit : Je ne suis pas venu à toi pour m'asseoir, mais pour te citer un hadith que j’ai entendu du Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم. J’ai entendu le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم dire :

«Celui qui cesse d’obéir (au gouverneur) rencontrera Allâh au Jour de la Résurrection sans aucun argument pour lui ; et celui qui meurt sans être soumis à un serment d’allégeance meurt d’une mort antéislamique.»

 

10ème hadith :

 

Rapporté par Al Bukhari et ibn Mâjah, d’après ibn 3abbâs, le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

«Ecoutez et obéissez même si on vous a mis pour gouverneur un esclave éthiopien dont la tête est telle un raisin sec.»

 

11ème hadith :

 

Rapporté par Al Bukhari et Muslim, d’après ibn 3abbâs, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

«Celui qui déteste une chose de son émir, qu’il patiente, car quiconque sort de l'obéissance du Sultan ne serait-ce d’un empan mourra d’une mort anté-islamique.»

 

12ème hadith :

 

Rapporté par Al Bukhari et Muslim, d’après ibn Mas3ûd, le prophète صلى الله عليه وسلم a dit :

«Viendra des émirs qui prendront de vous leur droit et vous refuseront votre droit.»

Il dirent : «Que nous ordonnes-tu alors, Ô Messager d’Allâh ?»

Il dit : «Accordez-leur leur droit, et demandez à Allâh le vôtre.»

 

13ème hadith :

 

Muslim rapporte d’après 3alqamah bn wâ’il al Hadramiy d’après son père qui a dit : Salamah bn yazîd al Ju3fiy a questionné le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم et lui a dit :

«Ô Prophète d’Allâh, si nous sommes gouvernés par des émirs qui nous demandent ce qui leur revient de droit et nous privent du nôtre, que nous recommandes-tu de faire ?

Le prophète صلى الله عليه وسلم se détourna de lui, Salamah le requestionna, et celui-ci se détourna encore de lui.

Puis Salamah le questionna encore une 2ème ou 3ème fois, alors Al Ach3ath bn Qays le tira.

Après quoi le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : «Ecoutez et obéissez, car ils répondront de leurs péchés et vous des vôtres.»»

 

14ème hadith :  

 

Rapporté par Al Bukhari et Muslim, d’après Hudhayfah bn al Yamân qui a dit :

«Les gens interrogeaient le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم sur le bien, et moi je l’interrogeais sur le mal, de peur qu’il ne m’atteigne.

J’ai dit : Ô Messager d’Allâh ! Nous étions dans l’ignorance et le mal, et Allâh nous a apporté ce bien, donc y aura-t-il un mal après ce bien ?

Il a dit : Oui.

J’ai dit : Et après ce mal, y aura-t-il un bien ?

Il a dit : Oui, mais il sera troublé.

J’ai dit : Quel est ce trouble ?

Il a dit : Des gens qui adoptent autre que ma Sunna et suivent une voie autre que la mienne, tu approuveras d’eux certaines choses et en réprouveras d’autres.

J’ai dit : Et après ce bien, y aura-t-il un mal ?

Il a dit : Oui, des prêcheurs aux portes de l’Enfer, celui qui leur répond, ils l’y précipitent.

J’ai dit : Ô Messager d’Allâh, décris-les nous.

Il a dit : Ils sont des nôtres et parlent notre langue.

J’ai dit : Que m’ordonnes-tu si je vis cela ?

Il a dit : Attache-toi au groupe uni des musulmans et leur imam.

J’ai dit : Et s’ils n’ont ni groupe uni ni imam ?

Il a dit : Éloigne-toi alors de tous ces groupes, même si tu dois pour cela mordre à la racine d’un arbre jusqu’à ce que la mort te saisisse dans cet état.».

 

Et dans la version de Muslim :

«Il y aura après moi des imams qui ne suivent pas ma guidée et ne se conforment pas à ma sounnah. Il y aura parmi eux des hommes aux coeurs de diable dans un corps d'être humain.

Hudhayfah a dit : Et que devrais-je faire si je vis cela, Ô Messager d’Allâh ?

Il dit : Tu écoutes et obéis à l’émir, même si ton dos est frappé et que tes biens sont pris, écoute et obéis.»

 

Quant à la parole d’ibn Rajab :

«Et cela est une preuve concernant le combat contre les émirs par la main».

[Jâmi3 al 3ulûm wa l-hikam (2/248)]

 

Pour répondre à cela nous disons que celui qui a transmis cette parole n’a pas été digne de confiance dans ce qu’il a transmis, car il a coupé la suite (soulignée ci-dessous) qui vient fausser cette parole.

 

Voila sa parole complète :

 

Ibn Rajab (qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit :

«Et cela est une preuve concernant le combat contre les émirs par la main. Mais l’imam Ahmed a réprouvé ce hadith dans la chaîne de transmission d’Abou Daoud, et il a dit : Il contredit les hadiths dans lesquels le Messager d’Allâh ordonne de patienter face à l’injustice des dirigeants…»

 

N’y a-t-il pas une grande différence entre cette parole et la parole amputée du transmetteur ?!

 

Quant à la parole de notre Chaykh Abdulaziz Ar-Râjihi, alors il se peut qu’elle fasse partie des paroles ambiguës sur lesquelles s’attachent les gens de l’innovation.

Nous l’avons certes entendu maintes et maintes fois interdire les révoltes et les combats contre les dirigeants injustes.

Alors comment pouvons-nous délaisser toutes ces paroles pour cette seule parole ?!

Et malgré cela, nous contacterons notre chaykh concernant ce point (si Allâh le veut).

La 4ème ambiguïté :

 

Ils ont dit : «La révolte contre les gouverneurs injustes est la voie de certains prédécesseurs».

 

La réponse à cela se fait en plusieurs points :

 

1er point :

 

«Et si vous divergez sur quoi que ce soit, renvoyez cette chose à Allâh et au Messager, si vous croyez en Allâh et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation.»

 

Il n’est donc pas permis d’argumenter avec la parole de qui que ce soit, si celui-ci contredit un texte de la législation.

 

2ème point :

 

Il n’y a aucun doute que certains parmi les meilleurs prédécesseurs ont été éprouvés par cela. Mais ils sont des êtres humains qui ont juste et se trompent, et beaucoup d’entre eux ont regretté ce qu’ils ont fait.

Les meilleurs de cette communauté après le prophète صلى الله عليه وسلم sont les compagnons.

Et ils étaient les personnes les plus éloignées de tous ces troubles, et notamment la révolte contre les gouverneurs.

Ils sont donc nos exemples dans cela.

Ceux qui ont été éprouvés par cela sont très peu, et nous ne pouvons pas dire que cela est la voie qu’ils ont adopté.

Mais ce sont plutôt des troubles dans lesquels se mélangent le vrai et le faux, le savant y fait son effort d'interprétation, et il peut avoir juste comme il peut se tromper.

 

Il est obligatoire à tout musulman de prendre comme preuve les textes de la législation, ce qu’a fait la majorité des compagnons du prophète صلى الله عليه وسلم.

 

En voici quelques exemples :

 

1- Nâfi3 l’esclave d’ibn Omar a dit :

«Lorsque les gens de Médine ont fait sortir Yazîd bn Mu3âwiyah, ibn 3omar a regroupé son esclave et son fils, puis a dit : J’ai certes entendu le prophète صلى الله عليه وسلم dire : «Sera attribué à tout traître un étendard le jour de la résurrection.» et nous avons certes prêté allégeance à cet homme par obéissance à Allâh et son Messager صلى الله عليه وسلم. Et je ne connais pas de trahison plus grande que de prêter allégeance à un homme par obéissance à Allâh et son Messager صلى الله عليه وسلم, puis de le combattre. Et je ne connais certes personne d’entre vous qui l’a combattu, et a persisté sur cette affaire, sans qu’il n’y ait entre moi et lui une séparation».

[Al Boukhari 7111]

 

2- Nâfi3 a dit : Abdullah ibn Omar est allé voir Abdullah ibn Mutî3 lorsque l’affaire d’Al Harrah était ce qu’elle était, à l’époque de Yazîd ibn Mu3âwiyah. Ibn Mutî3 a dit : Posez un coussin pour Abi Abderrahmân. Ibn Omar répondit : Je ne suis pas venu à toi pour m'asseoir, mais pour te citer un hadith que j’ai entendu du Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم. J’ai entendu le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم dire :

«Celui qui cesse d’obéir (au gouverneur) rencontrera Allâh au Jour de la Résurrection sans aucun argument pour lui ; et celui qui meurt sans être soumis à un serment d’allégeance meurt d’une mort anté-islamique.»

[Muslim 1851]

 

3- Az-Zubayr bn 3adiy a dit: Nous sommes allés voir Anas bn Mâlik et nous nous sommes plaints d’Al Hajjâj. Il a alors dit :

««Patientez, car il n’y a pas une période sans que celle qui la suit ne soit pire que la précédente, jusqu’à ce que vous rencontriez votre seigneur», j’ai entendu cela de votre prophète صلى الله عليه وسلم.»

[Al Boukhari 7068]

 

Chaykh al islam ibn Taymiya a dit dans “Minhâj As-Sunnah” (236/6) :

 

Quant aux compagnons, la majorité d’entre eux, la majorité des meilleurs d’entre eux ne sont pas entrés dans la fitna.

 

Abdullah le fils de l’imam Ahmed a dit : «D’après mon père, d’après Ismâ3îl (ibn 3ulayah), d’après Ayyûb (As-Sakhtiyâniy), Mohamed bn Sîrîn a dit : Lorsque la fitna s’est agitée, les compagnons du Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم étaient 10 000, pas même 100 d’entre eux n’y a assisté, plus encore, ils n’étaient même pas 30.» Cette chaîne de transmission fait partie des plus authentiques sur Terre, Mohamed bn Sîrîn fait partie des gens les plus pieux dans ses paroles, et ses transmetteurs font partie des plus authentiques.

 

Et Abdullah a dit: D’après mon père, d’après Ismâ3îl, d’après Mansûr bn Abdurrahmân qui a dit: Ach-Cha3bi a dit : «Personne parmi les compagnons du Messager d’Allâh n’a assisté à la bataille du chameau si ce n’est Ali, 3ammâr, Talha et Az-Zubayr. Et si l'on rapporte un cinquième alors je suis un menteur.»

 

Il a également dit dans “Minhâj As-Sunnah” (207/6) :

 

Et ses compagnons étaient la meilleure génération de cette communauté.

Ils étaient donc la génération qui connaît le mieux Allâh, qui le craint le plus, et ils étaient les plus repentants durant sa vie et après sa mort.

Quiconque donc cite les défauts qui leur ont été reprochés, sans citer leur repentir par lequel Allâh les a élevé en degrés, aura été injuste envers eux.

 

Chaykh al islam ibn Taymiya a dit dans “Minhâj As-Sunnah” (208/6) :

 

Et de même, Aïcha a regretté son voyage à Bassora, et lorsqu’elle s’en rappelait, elle pleurait jusqu’à en mouiller son voile.

Et de même Talha a regretté (ce qu’il pensait être) de la négligence dans le soutien de Othmân et d’autres choses.

Et Az-Zubayr a regretté son voyage le jour de la bataille du chameau.

Et Ali bn Abi Tâlib regretta certaines choses qu’il avait faites, comme le combat et autre.

Et il disait : "J’ai été incapable et ne m’en excuse pas, je serais après cela plus réfléchi et persisterais, et je rassemblerais les divers avis éparpillés".

Il disait aussi, lors des nuits de la bataille de Siffîn : «Quelle bonne position que celle qu’ont pris Abdullah ibn Omar et Sa3d ibn Mâlik, si c’est un bien sa récompense sera énorme et si c’est un mal alors sa gravité n’en sera que moindre.» et il disait : «Ô Hasan ! Ô Hasan ! Ton père ne pensait pas que l’affaire en arriverait jusque là ! Ton père aurait aimé mourir 20 ans avant cela.»

Et lorsqu’il est revenu de Siffîn son discours avait changé, il disait : «Ne détestez pas la gouvernance de Mu3âwiyah, car si vous le perdiez, vous verriez certes les têtes s’envoler de leurs épaules.»

Et cela a été rapporté de Ali de deux ou trois manières.

Et les récits citants sa détestation de la situation, à la fin des faits, se sont multipliés, de même que sa vision de la divergence et la division des gens, et l’abondance de mal ; qui nous oblige à croire que s’il avait réfléchi à cette affaire et en avait conclu cela, il n’aurait pas fait ce qu’il a fait.

 

Chaykh al islam ibn Taymiya a dit dans “Minhâj As-Sunnah” (391/3) :

 

Et c’est pour cela que ce qui est connu de la voie des gens de la sounnah, est qu’ils ne voient pas la révolte contre les dirigeants, ni le fait de les combattre avec l’épée, et ce même s’ils ont en eux de l’injustice, comme cela est prouvé par les hadiths authentiques et détaillés du prophète صلى الله عليه وسلم.

Car le désordre qui découle du combat et des troubles est plus grand que le désordre causé par leur injustice.

Et on ne repousse pas le plus grand des 2 maux par le moindre.

Et il n’est pas connu qu’un groupe soit sorti contre son Sultan, sans que sa révolte n’ait causé un plus grand mal que celui qu’elle a repoussé.  

 

Et il a dit dans "Majmû3 Al Fatâwâ" (444/4) :

 

Et c’est pour cela que la voie des gens du hadith est le délaissement de la révolte et le combat contre les rois tyrans, ainsi que la patience envers leur injustice.

Et ce afin que se repose le pieux ou que l’on soit épargné du tyran.

 

Et il a dit dans "Minhâj As-Sunnah" (530, 529/4) :

 

Et les meilleurs musulmans interdisaient les révoltes et le combat lors des troubles, tel que Abdullah ibn Omar, Sa3îd ibn Al Musayyab, Ali ibn Al Husayn et d’autres interdisaient la révolte contre Yazîd l’année d’Al Harrah. Et comme Al Hassan Al Basri, Mujâhid et d’autres interdisaient la révolte lors de la fitna d’ibn Al Ach3ath.

C’est pour cela que les gens de la sounnah sont restés sur le délaissement du combat lors des troubles, du fait des hadiths authentiquement attribués au prophète صلى الله عليه وسلم.

Et ils se sont mis à citer cela dans les ouvrages liés à la croyance, tout en ordonnant de patienter face à l’injustice.

 

Je dis (Chaykh Ali Moussa) :

 

La preuve se trouve dans ce sur quoi sont les gens de la sounnah.

Nous ne permettons donc à personne, de nous renvoyer vers des erreurs commises par certains prédécesseurs ayant fait un effort d'interprétation, qui par la suite sont devenues des caractéristiques à part entière des gens de l’innovation, comme les Mu3tazilah et les Khawârij, voir même certains de leurs fondements.

 

Chaykh al islam ibn Taymiya a dit dans "Majmû3 Al Fatâwâ" (179/28) :

 

Fait partie de la science et de la justice ordonnée, la patience face à l’injustice et la tyrannie des dirigeants, ce qui est un des fondements des gens de la sounnah.

Remarque importante

 

Il se peut que certains ignorants ou certains sectaires argumentent avec la parole de Chaykh Al Islam ibn Taymiya précédemment citée qui est :

«Quant aux compagnons, la majorité d’entre eux, la majorité des meilleurs d’entre eux ne sont pas entrés dans la fitna.»

 

Et le pauvre pense qu’il y a divergence concernant la révolte contre les dirigeants injustes, du fait de la parole de Chaykh al Islam "la majorité d’entre eux".

 

Et il ne sait pas que cette parole là concerne le combat lors des troubles et non la révolte contre les gouverneurs injustes.

 

C’est pour cela que lorsqu’il a parlé des révoltes, il a rapporté le consensus des prédécesseurs et des gens de la sounnah sur l’interdiction de se révolter contre eux, lorsqu’il a dit : «Et c’est pour cela que la voie des gens du hadith est le délaissement de la révolte et le combat contre les rois tyrans, ainsi que la patience envers leur injustice».

 

Et il a dit : «Et les meilleurs musulmans interdisaient les révoltes et le combat lors des troubles, tel que Abdullah ibn Omar, sa3îd ibn Al Musayyab, Ali ibn Al Husayn et d’autres interdisaient la révolte contre Yazîd l’année d’Al Harrah… Et ils se sont mis à citer cela dans les ouvrages liés à la croyance, tout en ordonnant de patienter face à l’injustice.»

 

Et il a dit dans son livre "Al Istiqâmah" (32/1) : «Et c’est pour cela que le prophète صلى الله عليه وسلم a interdit le combat lors des troubles, et cela fait partie des fondements de la sounnah, et cela est la voie des gens de la sounnah et du hadith et des imams de Médine parmi leurs jurisconsultes et autres.»

 

Remarque très importante

 

Nous attirons l’attention sur le fait que si quelqu’un contredit le consensus dans un point de la croyance, alors sa parole n’est pas prise en compte.

Le consensus des gens de la croyance signifie, que l’on ne trouve personne parmi les imams du hadith et de la sounnah qui évoque autre que cet avis là, et qui le voit prépondérant.

Et si une personne ou plus vient contredire, alors ceci n’est pas considéré comme une divergence.

Car il a contredit le consensus.

Sa parole n’est donc pas considérée comme un autre avis.

 

Par exemple : Il y a consensus sur le fait qu’Allâh a une image (sourah) car tous rapportent cela. Et quant à ibn Khouzaymah, il a réprouvé le hadith de l’image (certes Allâh a créé Adam à l’image du Tout Miséricordieux) et a interprété d’une autre manière le hadith (Allâh a créé Adam à son image) c’est à dire: pas à l’image du Tout Miséricordieux. Et cela est compté parmi ses erreurs. et on ne considère pas sa parole comme une autre avis.

 

Donc le consensus dans la croyance signifie que les gens de la sounnah et du groupe sont unanimes sur cela et qu’il n’y a pas de divergence entre eux.

Comme le sujet de la révolte contre les dirigeants injustes parmi les musulmans.

Nous disons que les gens de la sounnah et du groupe sont unanimes sur l’obligation d’écouter et d’obéir aux gouverneurs injustes et de ne pas se révolter contre eux.

Et ce même si certains Tâbi3în et Tâbi3 At-Atâbi3în ont contredit cela, car leur contradiction a été commise avant que les imams ne détaillent le sujet.

Et lorsque les imams ont éclairci et expliqué le sujet en se basant sur les preuves, les gens du hadith ont tous été d’accord et n’ont pas divergé.

Donc, dans ce sujet très particulièrement, nous rejetons les actes de ces prédécesseurs car ils contredisent les preuves, et la parole des gens de la sounnah, donc leur divergence n’est pas prise en compte.

 

Pour conclure, le consensus signifie que les savants sont unanimes sur un point.

S’ils sont d’accord, et citent tous ce point, sans diverger, alors nous disons qu’il y a consensus chez les gens de la sounnah et du groupe.    

 

Et Allâh est celui qui donne la réussite

 

Traduit par Fayçal Menassri (@menassri_faycal) et Farid El Khoumani (@farid_elk)

Publié par 3ilmchar3i.net

 

Cheikh 'Ali ben Abdelaziz Moussa - الشيخ علي بن عبدالعزيز موسى

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